Résumé de la décision
La décision concerne une demande de suspension du décret n° 2020-571 du 14 mai 2020, qui fixait la date d'entrée en fonction des conseillers municipaux et communautaires élus lors du premier tour des élections municipales du 15 mars 2020. L'association "50 millions d'électeurs" et d'autres requérants ont soutenu que l'urgence était présente en raison de l'importance des élections et du doute quant à la légalité du décret. Cependant, le juge des référés a considéré que le décret avait exclusivement pour objet de fixer la date d'entrée en fonctions au 18 mai 2020, rendant les conclusions de suspension sans objet. Par conséquent, il n'y a pas eu lieu de statuer et de renvoyer la question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : Les requérants ont fait valoir que l'urgence était avérée, mentionnant le chiffre de 30 000 conseils municipaux devant élire leurs maires et adjoints. Cependant, le juge a estimé que la situation ne justifiait pas une suspension de l'exécution du décret.
2. Doute sur la légalité : Les requérants ont exprimé un doute sérieux quant à la légalité du décret, en soulevant le caractère insincère du scrutin du 15 mars 2020, illustré par un taux anormal de participation. Toutefois, le tribunal n'a pas jugé cela suffisant pour suspendre le décret.
3. Conséquences des exigences sanitaires : Les requérants ont argué que l'installation des conseils municipaux en mai 2020 violait les exigences sanitaires. Le juge a répondu que, alors que ces préoccupations étaient légitimes, elles ne suffisaient pas à rendre le décret illégal.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner la suspension d'une décision administrative lorsque l'urgence le justifie et qu'il existe un doute sérieux quant à sa légalité. Le juge a décidé que la condition d'urgence n'était pas remplie dans ce cas, affirmant que "les conclusions tendant à la suspension de son exécution sont devenues sans objet".
2. Loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 - Article 19, III : Cet article prévoit que "les conseillers municipaux et communautaires élus dès le premier tour organisé le 15 mars 2020 entrent en fonction à une date fixée par décret". Le décret n° 2020-571 a été pris conformément à cette loi pour établir le 18 mai 2020 comme date d'entrée en fonction, ce que le tribunal a reconnu comme étant dans le cadre légal.
3. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge de condamner l'État à payer des frais à la suite d'une procédure. Le juge a rejeté cette demande, considérant que, dans les circonstances de l'espèce, il n'y avait pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme demandée.
En somme, la décision souligne l'importance de l'urgence et de la légalité dans les décisions administratives et confirme que, dans ce cas particulier, les considérations invoquées ne justifiaient pas la suspension d'un décret pris selon les dispositions législatives en vigueur.