Résumé de la décision
M. B... a saisi le juge des référés du Conseil d'État pour contester une mise en demeure de paiement émise par l'administration fiscale le 21 juin 2018. Il argumente que l'urgence est présente, que cette mise en demeure constitue une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté de disposer de ses biens, et que le comptable des finances publiques n'avait pas compétence pour effectuer le recouvrement. La demande a été rejetée car le Conseil d'État n'est pas compétent pour connaître du litige principal en premier ressort.
Arguments pertinents
1. Urgence et atteinte aux droits : M. B... soutient que la condition d'urgence est remplie en raison d'une atteinte grave à ses droits patrimoniaux. Cependant, le juge des référés souligne que la mise en demeure ne relève pas de la compétence du Conseil d'État selon les dispositions en vigueur.
2. Incompétence du Conseil d'État : Conformément à l'article R. 311-1 du Code de justice administrative, la décision contestée ne fait pas partie des litiges que le Conseil d'État peut traiter en premier ressort. Cela justifie le rejet immédiat de la requête : « Cette décision de l'administration fiscale n'est manifestement pas au nombre de celles dont il appartient au Conseil d'État de connaître en premier ressort ».
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du Code de justice administrative : Cet article stipule que le juge des référés peut ordonner des mesures nécessaires en cas d'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale sous condition d'urgence. Toutefois, il est également précisé, à l'article L. 522-3 du même code, que la requête peut être rejetée si l'urgence n'est pas prouvée ou si le litige ne relève pas de la compétence administrative. Ainsi, le juge des référés a parfaitement agi dans son rôle en appliquant ces dispositions : « Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. »
2. Article R. 522-8-1 du Code de justice administrative : Ce texte établit que, lorsque la compétence est établie hors du Conseil d'État, le juge peut rejeter les conclusions sans transmettre à la juridiction compétente. Cela souligne la prérogative du juge des référés à agir rapidement, suivant les règles de compétence établies, ce qui explique le rejet de la requête de M. B... sous forme d'ordonnance : « le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ».
En somme, cette décision illustre l'importance de la compétence juridictionnelle en matière d'urgence et de droits fondamentaux, ainsi que l'application stricte des règles établies dans le Code de justice administrative.