Résumé de la décision
La décision concerne une requête présentée par M. B... devant le juge des référés du Conseil d'État, demandant la suspension du décret n° 2020-293 du 23 mars 2020, qui impose un confinement strict en raison de l'épidémie de Covid-19, ainsi que du décret n° 2020-423 du 14 avril 2020, prolongeant ces mesures. M. B... argue que cette mesure porte atteinte à plusieurs libertés fondamentales, notamment la liberté de circulation, et qu'elle ne respecte pas le principe de proportionnalité. Toutefois, le juge a rejeté la requête, considérant que les conditions d'urgence requises pour agir sous l'article L. 521-2 du code de justice administrative n'étaient pas remplies.
Arguments pertinents
1. Atteinte aux libertés fondamentales : M. B... soutient que le décret en question est une atteinte injustifiée à la liberté de circulation et à d'autres libertés fondamentales. Cependant, le juge des référés a estimé que la reconnaissance d'une atteinte à une liberté fondamentale ne suffise pas à établir la condition d'urgence. Comme précisé dans la décision, « il appartient au juge des référés d'apprécier... si la condition d'urgence particulière... est satisfaite, en prenant en compte... l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures ».
2. Principe de proportionnalité : M. B... affirme également que le confinement total n'est pas nécessaire et qu'un confinement partiel aurait pu être plus efficace, surtout avec la connaissance accrue de la résilience des systèmes de santé et le faible risque pour certaines catégories de la population. Toutefois, le juge a déterminé que l'urgence sanitaire et l'intérêt public à protéger la vie justifiaient les mesures de confinement, en déclarant que « les circonstances exceptionnelles... sont telles que la condition d'urgence particulière... ne saurait être regardée comme remplie ».
Interprétations et citations légales
Le juge des référés a appliqué plusieurs articles du code de justice administrative pour fonder sa décision :
- Code de justice administrative - Article L. 521-2 : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures pour sauvegarder une liberté fondamentale. Il stipule que le juge peut agir « justifiée par l'urgence », ce qui signifie que les atteintes aux libertés doivent également démontrer une situation d'urgence justifiant une intervention rapide.
- Code de justice administrative - Article L. 522-3 : Ce texte donne au juge la possibilité de rejeter une demande sans instruction si l'urgence n'est pas avérée, ou si la requête est manifestement mal fondée. Le juge a utilisé cet article pour rejeter la demande de M. B..., considérant que la situation exceptionnelle justifiait les mesures prises par le gouvernement.
La décision souligne ainsi que, dans le contexte d'une crise sanitaire majeure, l'intérêt public et la protection de la vie priment sur les libertés individuelles, tant que les mesures prises ne dépassent pas ce qui est nécessaire pour garantir la santé publique.