Résumé de la décision
La Section française de l'Observatoire international des prisons a formé un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté du 9 juin 2016 autorisant le traitement de données personnelles relatives à des systèmes de vidéoprotection dans les cellules de détention. Elle a cherché à soulever une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant la conformité à la Constitution des dispositions législatives régissant cette autorisation. Toutefois, le Conseil d'État a décidé qu'il n'était pas nécessaire de renvoyer la QPC au Conseil constitutionnel, au motif que les dispositions contestées, résultant de la loi du 21 juillet 2016, n'étaient pas en vigueur au moment de l'arrêté contesté et n'étaient donc pas applicables au litige.
Arguments pertinents
1. Inapplicabilité des dispositions législatives : La décision souligne que les dispositions de la loi du 21 juillet 2016, qui ont été mises en cause, ne sauraient être appliquées à l'arrêté attaqué en raison de leur non-vigueur lors de la date de l'arrêté. Ce principe est clairement indiqué dans le point 3 de la décision où il est spécifié : "ces dispositions sont dépourvues de caractère rétroactif ; que, n'étant pas en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, elles ne sont pas applicables au litige."
2. Conditions de la QPC : La décision rappelle les conditions nécessaires pour soulever une QPC, spécifiant que la disposition contestée doit être applicable au litige, condition non remplie dans ce cas.
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs articles de loi sont interprétés afin de déterminer s'ils remplissent les critères pour une QPC :
- Ordonnance n° 58-1067 - Article 23-5 : Cet article établit les conditions de recevabilité d'une QPC, stipulant que celle-ci peut être soulevée si la disposition législative contestée est applicable au litige ou à la procédure, et qu'elle n'a pas déjà été jugée conforme à la Constitution. Il est précisé que "la question soit nouvelle ou présente un caractère sérieux". Dans ce cas, les conditions de recevabilité étaient absentes.
- Loi n° 2016-987 - Article 9 : Concernant les dispositions législatives contestées, le Conseil a déterminé qu'à la date de l'arrêté, ces mesures n'étaient pas en vigueur : "n'étant pas en vigueur à la date de l'arrêté attaqué, elles ne sont pas applicables au litige." Cet aspect est crucial pour écarter la possibilité d’un renvoi au Conseil constitutionnel.
En définitive, le Conseil d'État a jugé que la question soulevée ne remplissait pas les conditions nécessaires pour être transmise au Conseil constitutionnel, affirmant ainsi le respect du cadre législatif et de la hiérarchie des normes en matière de droit public.