Résumé de la décision :
La ministre de la transition écologique et solidaire a demandé l'annulation d'un arrêt rendu le 26 janvier 2018 par la cour administrative d'appel de Marseille, qui avait rejeté l'appel contre un jugement annulant deux arrêtés préfectoraux mis en demeure à l'encontre de la SARL Espace Rénovation. Ces arrêtés avaient pour but de contraindre la société à respecter les réglementations concernant l'implantation d'enseignes. Le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour d'appel, considérant que les dispositifs signalant l’activité de la société sur son terrain devaient être qualifiés d'enseignes, indépendamment de leur position par rapport à l'entrée du local commercial.Arguments pertinents :
1. Erreur de droit sur la qualification des enseignes : La cour a commis une erreur en considérant que les dispositifs implantés, bien qu’étant sur le terrain du local commercial, ne pouvaient être qualifiés d'enseignes simplement parce qu'ils n'étaient pas installés à proximité immédiate de l’entrée du local.- Citation pertinente : «... en estimant que les dispositifs signalant l'activité de la SARL Espace Rénovation implantés sur le terrain du local commercial ne pouvaient être qualifiés d'enseignes ... la cour administrative d'appel a commis une erreur de droit. »
2. Définition juridique de l'enseigne : Selon les dispositions du code de l'environnement, une enseigne est définie comme toute inscription, forme ou image apposée sur un immeuble relative à l'activité qui s'y exerce. Cette définition implique que la position des dispositifs sur le terrain n’affecte pas leur qualification.
- Citation pertinente : « Il résulte de ces dispositions que doit être qualifiée d'enseigne, l'inscription, forme ou image installée sur un terrain ou un bâtiment où s'exerce l'activité signalée. »
Interprétations et citations légales :
1. Code de l'environnement - Article L. 581-3 : Cet article définit ce qu’est une enseigne : une inscription ou image relative à une activité exercée sur un immeuble. La cour d’appel a mal appliqué cette définition en liant la qualification d’enseigne à la proximité de l'entrée du local plutôt qu'à la localisation des dispositifs sur le terrain où l'activité est exercée.2. Code de l'environnement - Article R. 581-64 : Cet article stipule les conditions d’implantation des enseignes, notamment les distances par rapport à des propriétés voisines. En prenant en compte ce cadre légal, il apparaît que l’implantation sur le terrain commercial suffit à qualifier les dispositifs d'enseignes, indépendamment de leur proximité à l'entrée.
- Citation pertinente : « ... ces enseignes ... doivent être implantées à une distance inférieure à la moitié de leur hauteur ... sur un fonds voisin ... ces enseignent de plus d’1 mètre carré scellées au sol ... sont limitées en nombre à un dispositif ... le long de chacune des voies ouvertes à la circulation publique bordant l'immeuble où est exercée l'activité. »
En conclusion, le Conseil d'État a réaffirmé la nécessité de respecter les définitions légales sans déformer leur sens par des interprétations restrictives. L'affaire a été renvoyée à la cour administrative d'appel pour réexamen conformément à cette décision.