Résumé de la décision
L'affaire concerne un pourvoi en cassation formé par M. B... contre une ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Paris qui avait rejeté sa demande de suspension d'une décision d'assignation à résidence prise en vertu de l'article L. 561-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B... invoquait une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) relative à la conformité de cet article avec les droits garantis par la Constitution. Le Conseil d'Etat, après avoir examiné la demande, a décidé de ne pas renvoyer la QPC au Conseil constitutionnel, considérant que les arguments présentés n'étaient pas sérieux et a rejeté le pourvoi.
Arguments pertinents
1. Refus de transmettre la QPC : Le juge des référés a estimé qu'il n'était pas nécessaire d'examiner la QPC, en raison de l'absence de cette condition d'urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. En conséquence, il a implicitement refusé de transmettre cette question prioritaire au Conseil constitutionnel. Le Conseil d'Etat a confirmé cette position, statuant qu'aucun argument n'apportait de sérieux à la demande de renvoi.
> "le moyen tiré de ce que l'article L. 561-1 [...] porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution doit être regardé comme non sérieux."
2. Condition d'urgence : M. B... contestait que la condition d'urgence ne puisse être présumée dans le cadre de sa demande de suspension de l'assignation, mais le Conseil d'Etat a jugé que les moyens opposés n'étaient pas suffisants pour permettre l'admission du pourvoi.
> "Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi."
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : Selon l'article 23-5, les questions de conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution peuvent être soulevées devant le Conseil d'Etat ou la Cour de cassation, mais doivent être présentées dans un mémoire distinct et motivé. En l'espèce, M. B... n'a pas apporté un moyen nouveau ou différent de celui déjà soumis au juge des référés.
> "Le moyen est présenté, à peine d'irrecevabilité, dans un mémoire distinct et motivé."
2. Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article définit les critères d’urgence qui doivent être réunis pour qu'une demande de suspension soit jugée recevable. Le juge des référés n’ayant pas constaté l’urgence, cela a conduit à une décision sans renvoi au Conseil constitutionnel.
> "la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 [...] n'était pas satisfaite."
3. Déclaration des droits de l'homme et du citoyen : Les arguments de M. B... concernant une atteinte aux droits fondamentaux, notamment la liberté d’aller et venir et le droit au respect de la vie privée, n'ont pas été jugés suffisamment solides pour justifier un renvoi au Conseil constitutionnel.
Cette décision indique donc que le Conseil d'Etat examine rigoureusement la pertinence et la sérieux des moyens soulevés dans le cadre d'une QPC et assure que seul un fondement tangible pourra conduire à une transmission au Conseil constitutionnel.