Résumé de la décision
La décision concerne un litige entre la société Fedex Express France et le ministre de l'économie et des finances relatif à une imposition supplémentaire de cotisation foncière des entreprises pour l'année 2010. La cour administrative d'appel avait précédemment annulé cette imposition en considérant qu'elle avait été établie par une procédure non contradictoire, laquelle aurait dû s'appliquer puisque cette imposition était affectée au budget de l'État. En revanche, le Conseil d'État a annulé cet arrêt, soulignant que la cotisation foncière des entreprises, bien qu'affectée au budget de l'État pour l'année 2010, doit être considérée comme une imposition locale, et donc, la procédure contradictoire n'est pas applicable. L'affaire est renvoyée à la cour administrative d'appel pour réexaminer le litige.
Arguments pertinents
1. Nature de la cotisation foncière des entreprises : Le Conseil d'État rappelle que cette cotisation a été instaurée en remplacement de la taxe professionnelle et est conçue principalement pour soutenir les ressources des collectivités locales. Cela signifie que même si elle était affectée au budget général de l'État pour l'année 2010, elle reste une imposition sur le plan local.
Citation : "la cotisation foncière des entreprises a été instaurée à compter du 1er janvier 2010 en remplacement de la taxe professionnelle [...] cette cotisation constitue l'une des deux composantes de la contribution économique territoriale."
2. Application de la procédure contradictoire : Le Conseil d'État a précisé que, selon les dispositions légales, la procédure de rectification contradictoire ne s'applique pas aux impositions directes perçues au profit des collectivités locales. La Cour a donc erré en affirmant que cette imposition était établie de manière irrégulière.
Citation : "la procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable 'en matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales.'"
3. Erreur de droit : Le motif retenu par la cour administrative d'appel pour annuler l'imposition a été jugé comme une erreur de droit, car il ne respectait pas la qualification fiscale de la cotisation.
Citation : "la cour a commis une erreur de droit [...] en retenant que le supplément de cotisation foncière des entreprises [...] avait été établi à l'issue d'une procédure irrégulière."
Interprétations et citations légales
1. Code général des impôts - Article 1447-0 : Cet article établit la contribution économique territoriale, qui comprend la cotisation foncière des entreprises. Cela suggère une structure législative clairement orientée vers le soutien des collectivités locales, plutôt que comme imposition d'État.
Citation : "Il est institué une contribution économique territoriale composée d'une cotisation foncière des entreprises et d'une cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises."
2. Livre des procédures fiscales - Article L. 56 : Cet article stipule spécifiquement que la procédure de rectification contradictoire ne s'applique pas aux impositions perçues au profit des collectivités locales. Cette distinction est cruciale dans le présent cas pour justifier la non-application de la procédure contradictoire.
Citation : "la procédure de rectification contradictoire n'est pas applicable 'en matière d'impositions directes perçues au profit des collectivités locales.'"
3. Contexte de l'imposition : Le point clé de la décision repose sur la nature et l'affectation de la cotisation. Même si les recettes étaient momentanément versées à l'État, cela ne changeait pas la nature fondamentale de l'imposition en tant que ressource de collectivités locales.
Citation : "les dispositions [...] ne sauraient être interprétées comme ayant donné à cette imposition [...] le caractère d'une imposition d'État."
Cette analyse illustre bien les enjeux juridiques centraux associés à la qualification des cotisations fiscales et les procédures applicables. La décision du Conseil d'État a pour effet de clarifier la base légale de la cotisation foncière des entreprises en tant qu'imposition locale, soulignant ainsi la nécessité de respecter des procédures spécifiques lors de l'évaluation de telles impositions.