Résumé de la décision
La société Saupiquet a contesté un titre de perception émis par le trésorier-payeur général du Finistère pour le remboursement d'aides perçues indûment, déclarées illégales par la Commission européenne. La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté cette contestation. Sur pourvoi en cassation, le Conseil d'État a annulé l'arrêt de la cour administrative d'appel, estimant que la procédure de recouvrement n'avait pas respecté les obligations d'indication des bases et éléments de calcul nécessaires au titre de perception. La somme à recouvrer n'ayant pas été précisée, le Conseil d'État a renvoyé l'affaire à la même cour pour un nouvel examen et a condamné l'État à verser 3 000 euros à la société pour frais de justice.
Arguments pertinents
1. Sur l'illégalité de l'aide : Le Conseil d'État rappelle que la prise en charge partielle des coûts de combustible au travers du FPAP avait été considérée comme une aide d'État illégale par la Commission européenne (Décision n° 2008/936/CE). Cela a conduit au recouvrement des aides indûment versées.
2. Obligations de l'État à l'égard du recouvrement : Selon l'article 81 du décret du 29 décembre 1962, il est précisé que « tout ordre de recette doit indiquer les bases de la liquidation ». Le Conseil d'État a souligné que le titre de perception ne fournissait pas les éléments de calcul justifiant le montant d'aide à récupérer, constituant ainsi une violation de cette obligation.
3. Erreurs de droit : La cour administrative d'appel a commis une erreur de droit en jugeant que les mentions figurant sur le titre de perception respectaient l'exigence de l'article 81, tant le document ne comportait pas les éléments spécifiques nécessaires à la compréhension par la société Saupiquet des montants à rembourser.
Interprétations et citations légales
1. Article 81 du décret n° 62-1587 du 29 décembre 1962 : Ce texte impose à l'État de fournir des bases claires pour le recouvrement d'une créance. Le passage pertinent est : « Tout ordre de recette doit indiquer les bases de la liquidation ». Cela interroge le équilibre entre la nécessité pour l'administration de recouvrer des montant dus et le droit du contribuable à être informé de manière précise et transparente sur les montants réclamés.
2. Règlement n° 659/1999/CE : Ce règlement a trait à la mise en œuvre des aides d'État dans l'Union européenne. Son application dans le cas présent souligne l'objectif de garantir une concurrence loyale au sein de l'UE, et donc la nécessité d'un recouvrement conforme aux règles sur les aides d'État.
En conclusion, le Conseil d'État affirme l'importance de la rigueur dans les procédures de recouvrement des aides, menant à la conclusion que l'État doit respecter les obligations légales et fournir des justifications claires pour toute créance qu'il cherche à récupérer. La décision contribue à clarifier les obligations administratives en matière de transparence et d'information dans le cadre des procédures de recouvrement.