Résumé de la décision
La décision porte sur la requête de M. J... et douze autres employés contractuels de la SNCF demandant l'annulation des décisions implicites de refus d'abroger un acte réglementaire fixant un âge maximal de recrutement à trente ans pour les agents en cadre permanent. Les requérants ont sollicité l'annulation de ces décisions au motif qu'elles sont illégales. Le tribunal a constaté que, en vertu de l'article 3 de la loi n° 2018-515 du 27 juin 2018 pour un nouveau pacte ferroviaire, les sociétés SNCF ne peuvent plus procéder à des recrutements sur la base des dispositions contestées depuis le 1er janvier 2020, rendant ainsi les conclusions sans objet. La décision a également rejeté les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative concernant les frais de justice.
Arguments pertinents
1. Perte d'objet du recours : Le tribunal souligne que l'abrogation d'un acte réglementaire illégal devient sans objet si cet acte a cessé d'être appliqué avant la décision du juge. C'est ce qu'illustre la situation des requérants, où les dispositions fixant l'âge maximal de recrutement ne sont plus en vigueur.
- « Il s’ensuit que lorsque l’acte réglementaire dont l’abrogation est demandée cesse de recevoir application avant que le juge, saisi d’un recours pour excès de pouvoir contre le refus de l’abroger, ait statué, ce recours perd son objet. »
2. Limitation du droit de recrutement : Les dispositions législatives limitant les recrutements au-delà du 31 décembre 2019 ont eu pour effet de rendre caduques les demandes des requérants, car la SNCF ne peut plus procéder à des recrutements sur la base des règles contestées.
- « Il résulte de ces dispositions qu’à compter du 1er janvier 2020, les sociétés SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités [...] ne peuvent plus procéder à des recrutements sur le fondement des dispositions dont l'abrogation est demandée. »
Interprétations et citations légales
L’analyse du tribunal s’appuie principalement sur des dispositions du code des relations entre le public et l'administration et la loi sur le nouveau pacte ferroviaire :
- Code des relations entre le public et l'administration : Les procédures administratives relatives aux recours peuvent aboutir à des résultats différents selon le caractère toujours en vigueur de l'acte réglementaire contesté. Les décisions administratives perdues de leur objet par le changement législatif ou réglementaire doivent être considérées comme non valides.
- Loi n° 2018-515 du 27 juin 2018 - Article 3 : Ce texte a directement impacté la capacité de la SNCF à recruter sous le statut contesté, soulignant ainsi l’importance d'une cohérence entre le droit appliqué et les réalités du marché du travail.
- « La SNCF, SNCF Réseau et SNCF Mobilités peuvent procéder jusqu’au 31 décembre 2019 à des recrutements de personnels soumis au statut mentionné à l'article L. 2101-2 du code des transports. »
Ces indications soulignent la nécessité pour le juge administratif de vérifier si les actes en question sont toujours applicables avant d'examiner la légalité de leurs refus d’abrogation, et d'agir en conséquence.