Résumé de la décision
Dans le cadre d'une procédure administrative, l'association Conférence des grandes écoles a demandé l'annulation de décisions implicites de la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, qui ont refusé d'abroger des dispositions réglementaires limitant la délivrance des diplômes nationaux de master aux seuls établissements publics. La décision du tribunal administratif constate que les dispositions attaquées ne portent pas atteinte à la compétence du ministre et qu'elles résultent d'une volonté législative de maintenir un monopole de l'État concernant l'octroi de ces diplômes, déboutant ainsi l'association de ses demandes.
Arguments pertinents
1. Monopole de l'État : L'article L. 613-1 du Code de l'éducation établit clairement que l'État détient le monopole de la collation des titres universitaires. Cela signifie que seuls les établissements accrédités par l'État peuvent délivrer des diplômes nationaux, telles que des masters.
> "L'Etat a le monopole de la collation des grades et des titres universitaires."
Cet argument souligne que l’encadrement par la loi ne permet pas aux établissements privés d’accéder de manière autonome à la délivrance de ces diplômes.
2. Différence de traitement justifiée : La décision indique que la distinction entre établissements publics et privés est fondée sur la loi et donc légitime.
> "La différence de traitement entre les établissements d'enseignement supérieur privés et publics en la matière résulte de la loi."
Ainsi, l'association requérante ne peut pas revendiquer une violation du principe d'égalité en dehors de la procédure établie par la Constitution.
3. Absence d'incompétence du ministre : Le tribunal conclut que le ministre n’a pas excédé ses pouvoirs en limitant l'accréditation aux établissements publics, affirmant que cette limitation est conforme à l'intention législative.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 613-1 du Code de l'éducation :
- Cette disposition montre que la volonté du législateur est de conserver un cadre strict pour la délivrance de diplômes universitaires, limitant ainsi la possibilité pour des établissements d'enseignement supérieur privés de délivrer des titres académiques sans partenariat avec des établissements publics.
2. Arrêté du 25 avril 2002 relatif au diplôme national de master :
- L'article 7 stipule que "le diplôme de master est délivré par les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel habilités à cet effet...". Cela renforce l'idée que seuls les établissements publics peuvent exercer ce droit, ce que la décision précise comme un ordre légal.
3. Égalité devant la loi :
- La décision souligne qu'en l'absence de contestation constitutionnelle (art. 61-1 de la Constitution), la différence de traitement résultant de la législation est valide. Ainsi, même si l'association ressent une inégalité, celle-ci est justifiée par le cadre légal existant.
En somme, la décision du tribunal administratif rejette la requête de l'association Conférence des grandes écoles, confirmant la légitimité des dispositions légales et réglementaires qui limitent la délivrance des diplômes nationaux aux seuls établissements publics.