Résumé de la décision
La société Sotourdi a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant le troisième alinéa de l'article L. 752-23 du code de commerce, soutenant que la restriction sur la modulation de l'astreinte par le préfet portait atteinte à la liberté d'entreprendre. Après examen, le Conseil d'État a décidé qu'il n'y a pas lieu de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel, affirmant que la QPC ne présentait pas un caractère sérieux. En conséquence, le moyen soulevé par la société a été écarté.
Arguments pertinents
1. Sur la conformité à la Constitution : La décision repose sur les exigences de l'article 23-4 de l'ordonnance du 7 novembre 1958, qui stipule que pour qu'une QPC soit transmise au Conseil constitutionnel, elle doit être applicable au litige, non déjà déclarée conforme, et doit être nouvelle ou présenter un caractère sérieux. Le Conseil d'État a conclu que la question ne présentait pas de caractère sérieux, précisant que "l'astreinte journalière prévue par les dispositions précitées, destinée à assurer le respect de la législation relative à l'urbanisme commercial, ne saurait, par elle-même, porter atteinte à la liberté d'entreprendre."
2. Liberté d'entreprendre : Le Conseil d'État a considéré que "la liberté d'entreprendre s'entend de celle d'exercer une activité économique dans le respect de la législation et de la réglementation en vigueur." Ainsi, l'astreinte imposée dans ce contexte n'est pas en contradiction avec cette liberté car elle vise à garantir le respect des règles d'urbanisme commercial.
Interprétations et citations légales
- Article 23-4 de l'ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958 : Cet article énonce les conditions de saisine du Conseil constitutionnel par le Conseil d'État. Il souligne la nécessité que la question soit nouvelle et d'un caractère sérieux, ce qui a été central dans l'analyse de la QPC ici.
- Code de commerce - Article L. 752-23 : Le troisième alinéa stipule que "Ces mesures sont assorties d'une astreinte journalière de 150 euros par mètre carré exploité illicitement." Ce dispositif a été critiqué par la société Sotourdi pour son caractère non modulable, mais le Conseil d'État a considéré qu'il ne viole pas la liberté d'entreprendre dans la mesure où il est destiné à faire respecter les normes en matière d'urbanisme commercial.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté la QPC de la société Sotourdi, concluant que les règles en question étaient conformes à la Constitution et que leur application ne portait pas atteinte aux libertés fondamentales.