Résumé de la décision
Dans l'arrêt n° 17NT04019 du 3 décembre 2018, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé la décision de l'inspecteur du travail du 8 avril 2013, qui avait refusé la demande de licenciement d'une salariée protégée par la société Allis. La cour a également réformé le jugement du tribunal administratif de Caen du 17 décembre 2014 pour tenir compte de cette annulée et a rejeté le surplus des conclusions de l'appel de la société Allis. En cassation, le Conseil d'État a annulé ces décisions, jugeant que l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail entraîne celle de la décision ministérielle qui avait rejeté le recours de la société Allis, et a accordé 250 euros à la société Allis au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit : Le Conseil d'État souligne que la cour administrative d'appel a erronément omis d'annuler la décision du ministre du travail en conséquence de l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail. À ce sujet, le Conseil d'État note : "en statuant ainsi, alors qu'il lui appartenait, le cas échéant d'office, d'annuler la décision du ministre par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de l'inspecteur du travail, la cour a commis une erreur de droit."
2. Conséquences de l'annulation : En raison de l'annulation de la décision de l'inspecteur du travail, la décision ministérielle du 19 septembre 2013 est considérée comme illégale et doit être annulée. Le Conseil d'État souligne la nécessité d'une annulation concomitante en raison des principes d'illégalité partagée qui s'appliquent dans ce type de contentieux.
3. Droit au remboursement : Le Conseil d'État a également précisé que, conformément à l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il était justifié d'ordonner à l'État de payer une somme à la société Allis, vu qu'elle n'était pas la partie perdante dans cette instance. Le montant de 250 euros a été jugé approprié.
Interprétations et citations légales
1. Responsabilité du ministre du travail : L'article L. 821-2 du code de justice administrative est fondamental dans cette affaire. Il stipule : "Lorsque l'affaire fait l'objet d'un second pourvoi en cassation, le Conseil d'Etat statue définitivement sur cette affaire." En application de cet article, le Conseil d'État a pris du pouvoir pour régler au fond l'affaire, ce qui montre une volonté d'efficacité juridictionnelle.
2. Liens entre décisions administratives : L'illégalité de la décision de l'inspecteur du travail entraîne automatiquement celle du ministre. Cela repose sur le principe que "lorsqu'il est saisi d'un recours hiérarchique...le ministre doit, si celle-ci est illégale, l'annuler." (Code du travail - Article 235).
3. Droits des salariés protégés : Le jugement montre aussi l'importance des garanties entourant le licenciement des salariés protégés. Il est essentiel de respecter les décisions relatives à leur statut privilégié, qui est souvent renforcé par divers textes réglementaires, assurant leur protection contre les licenciements abusifs.
Ces analyses mettent en lumière les dimensions juridiques d'un conflit entre droits des travailleurs et les prérogatives des employeurs, et la manière dont le droit administratif peut jouer un rôle crucial dans la régulation de ces relations.