Résumé de la décision
La décision implique M. A..., un magistrat ayant demandé le renouvellement de sa mise en disponibilité pour exercer la profession d'avocat au barreau de Paris. La directrice des services judiciaires a rejeté cette demande, et en réponse à cette décision, M. A... a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui a ordonné la suspension de l'exécution de la décision de rejet. Le garde des Sceaux, ministre de la justice, a formé un pourvoi en cassation contre cette ordonnance. La décision finale rejette le pourvoi et accorde à M. A... la somme de 3 000 euros pour ses frais de justice.
Arguments pertinents
1. Doute sur la légalité de la décision : Le juge des référés a estimé qu'il existait un doute sérieux quant à la légalité de la décision de rejet. Il a retenu le moyen selon lequel l'inscription d'un avocat au barreau de Paris ne constitue pas un "exercice de la profession d'avocat" dans le ressort du tribunal de grande instance de Nanterre, ce qui pourrait remettre en question la légitimité de la décision de refus.
- Citation pertinente : "le moyen tiré de ce que l'inscription d'un avocat au barreau de Paris ne caractérise pas, au sens des dispositions [...] de l'ordonnance organique du 22 décembre 1958, un 'exercice de la profession d'avocat dans le ressort' [...]"
2. Appréciation des faits par le juge des référés : Le juge a considéré que M. A... avait dûment informé la direction de son intention de s'inscrire au barreau de Paris. Cette appréciation a été jugée valide et n'est pas entachée de dénaturation des faits.
- Citation pertinente : "le juge des référés a porté sur ces mêmes pièces une appréciation souveraine, qui n'est pas entachée de dénaturation".
3. Inopérance du moyen de défense de l'administration : L'argument de l'administration selon lequel une décision de refus aurait pu être légalement justifiée par d'autres motifs a été considéré comme inopérant en cassation, soulignant que le juge ne doit examiner que les éléments en lien direct avec l'ordonnance contestée.
- Citation pertinente : "ce moyen, qui n'est pas dirigé contre l'ordonnance attaquée, est inopérant en cassation".
Interprétations et citations légales
1. Ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 - Article 9-1 : Cet article stipule que "les magistrats et anciens magistrats ne peuvent exercer la profession d'avocat [...] dans le ressort d'une juridiction où ils ont exercé leurs fonctions depuis moins de cinq ans". L'interprétation donnée par le juge des référés, selon laquelle l'inscription au barreau de Paris ne constitue pas l'exercice de la profession dans le ressort de Nanterre, est significative pour déterminer l'application de cette restriction.
2. Loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971 - Article 5-1 : Ce texte permet aux avocats inscrits à certains barreaux, y compris celui de Paris, de postuler auprès de diverses juridictions. Le juge a souligné l'exception et son application relative à la postulation, ce qui nourrit le doute sur le refus de M. A... de manière cohérente avec la loi.
3. Code de justice administrative - Articles L. 511-1 et L. 521-1 : Ces articles définissent le cadre de l'intervention du juge des référés, stipulant les conditions de la suspension d'une décision administrative. Le juge a agi conformément à ces articles en ordonnant la suspension en cas d'urgence et de doute sérieux sur la légalité de la décision de rejet.
- Citation pertinente : "le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision [...] lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision".
Cette décision souligne l'importance des procédures de référé, permettant un réexamen rapide des décisions administratives lorsque des questions de légalité et de droit surgissent.