Résumé de la décision
Dans cette décision, le Conseil d'État a été amené à se prononcer sur une question prioritaire de constitutionnalité transmise par la cour administrative d'appel de Nancy. Le syndicat national de l'enseignement supérieur SNESUP-FSU contestait l'élection de M. B... en tant que président de l'université de Strasbourg, arguant que les dispositions législatives en vigueur ne prévoyaient pas d'incompatibilité pour les ministres d'un culte, ce qui, selon eux, était contraire aux principes constitutionnels de laïcité et d'indépendance de la recherche. Le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer cette question au Conseil constitutionnel, estimant que les arguments ne présentaient pas un caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Caractère sérieux des questions soulevées : Le Conseil d'État a jugé que la question de la conformité des dispositions contestées au principe de laïcité n'était pas nouvelle et ne présentait pas un caractère sérieux. Il a affirmé que le principe de laïcité garantit l'accès aux fonctions publiques sans distinction de croyance, ce qui inclut donc les fonctions de président d'université.
Citation pertinente : « L'accès aux fonctions publiques, dont l'accès aux fonctions de président d'université, s'effectue sans distinction de croyance et de religion. »
2. Indépendance des enseignants-chercheurs : Le Conseil a également conclu que la qualité de ministre d'un culte d'un président élu ne remettait pas en cause l'indépendance des enseignants-chercheurs. Les conditions d'élection du président stipulent qu'il doit être un enseignant-chercheur, garantissant ainsi l'indépendance de la recherche.
Citation pertinente : « Les dispositions litigieuses de l'article L. 712-2 du code de l'éducation prévoient au demeurant que le président de l'université est élu parmi les enseignants-chercheurs. »
Interprétations et citations légales
1. Code de l'éducation - Article L. 712-2 : Cet article précise que le président d'une université doit être élu parmi les enseignants-chercheurs et que son mandat est incompatible avec d'autres fonctions dirigeantes au sein de l'université et d'autres établissements publics :
Citation directe : « Le président de l'université est élu à la majorité absolue des membres du conseil d'administration parmi les enseignants-chercheurs [...] Les fonctions de président d'université sont incompatibles avec celles de membre élu du conseil académique [...] »
L'interprétation de cet article repose sur la nécessité de préserver l'indépendance des chercheurs, renforçant ainsi l'idée que même si une personne est ministre d'un culte, cela ne remet pas en question son rôle dans l'enseignement supérieur.
2. Constitution - Article 1er : La Constitution établit la France comme une République laïque, garantissant l'égalité de tous devant la loi, sans distinction de religion :
Citation directe : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction [...] Elle respecte toutes les croyances. »
Cette disposition législative souligne l'importance de la neutralité de l'État dans l'accès aux fonctions publiques, notamment celles des universités.
En conclusion, le Conseil d'État a considéré que les arguments du syndicat national de l'enseignement supérieur SNESUP-FSU ne fondaient pas séries leurs préoccupations quant à la laïcité et à l'indépendance des enseignants-chercheurs, et a donc décidé de ne pas renvoyer la question au Conseil constitutionnel.