Résumé de la décision
La décision concerne Mme A..., qui, après avoir été hospitalisée en raison de coliques néphrétiques, a développé une névrite vestibulaire qu'elle attribue à une infection nosocomiale survenue durant son séjour au centre hospitalier universitaire de Rouen. Sa demande d'indemnisation a été rejetée par un tribunal administratif puis confirmée par la cour administrative d'appel de Douai. Mme A... se pourvoit en cassation contre cet arrêt. La cour de cassation annule l'arrêt de la cour d'appel, considérant qu'il y a eu une erreur de droit dans l'analyse du caractère nosocomial de l'infection. La cour renvoie l'affaire à la cour d'appel et condamne le centre hospitalier à verser 2 000 euros à Mme A... au titre des frais.
Arguments pertinents
1. Responsabilité des établissements de santé : L'article L. 1142-1 du code de la santé publique impose que les établissements de santé soient responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf preuve d'une cause étrangère. La cour de cassation rappelle que l'établissement doit prouver que l'infection était présente ou en incubation lors de l'admission pour échapper à sa responsabilité.
2. Erreur de droit : La cour de cassation critique l'arrêt de la cour d'appel, qui a conclu que la névrite vestibulaire n'était pas liée aux soins en se basant uniquement sur un rapport d'expertise mentionnant qu'elle était due à une infection virale. Elle souligne que la cour d'appel devait examiner si l'infection était présente ou en incubation à l'admission de Mme A..., au lieu de conclure hâtivement.
Interprétations et citations légales
- Code de la santé publique - Article L. 1142-1 : Cet article statue que les professionnels de santé et les établissements sont responsables des dommages dus à des infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. La portée de cet article renforce le principe de responsabilité des établissements dans le cadre des soins apportés aux patients, notamment en ce qui concerne les infections contractées durant l'hospitalisation.
- Interprétation jurisprudentielle : La décision illustre l'évolution de l'interprétation judiciaire concernant le caractère nosocomial d'une infection, précisant que c'est à la cour de vérifier si l'infection était présente lors de l'admission et qu'une infection développée pendant l'hospitalisation devrait être considérée comme nosocomiale si cette condition est remplie.
En conclusion, la décision de la cour de cassation refait le point sur les responsabilités des établissements de santé en matière d'infections nosocomiales, en soulignant l'importance de la démarche factuelle à suivre pour prouver le lien entre l'infection et la prise en charge médicale.