Résumé de la décision
Le 7 janvier 2016, la cour administrative d'appel de Marseille a confirmé qu'un manquement à l'obligation d'information avait été commis par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice, concernant une technique opératoire innovante proposée à M. A..., qui avait développé des séquelles après son intervention. Bien que le tribunal administratif de Nice ait partiellement fait droit à la demande d'indemnisation de M. A..., la cour a requalifié la responsabilité de l'hôpital en raison d'un défaut d'information, évaluant la perte de chance d'éviter le dommage à 50%. Le CHU a formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté par la décision finale.
Arguments pertinents
1. Obligation d'information : La cour a souligné que le code de la santé publique impose une obligation d’information claire au patient concernant les traitements, y compris les risques associés. L'article L. 1111-2 du Code de la santé publique stipule que « toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé » incluant les risques fréquemment prévisibles.
2. Faute du service public hospitalier : La cour a retenu que M. A... n'avait pas été informé des risques insuffisamment connus liés à la technique proposée. Cela constitue une faute engageant la responsabilité du service public hospitalier, car le défaut d'information a contribué à une perte de chance pour le patient de refuser le traitement.
3. Appréciation souveraine des faits : En retenant qu'il existait effectivement un manquement à l’information déontologique, la cour a exercé une appréciation souveraine sur les faits, considérée comme exempte de dénaturation, renforçant ainsi la validité de sa décision.
Interprétations et citations légales
La décision aborde le cadre juridique suivant :
- Code de la santé publique - Article L. 1111-2 : Cet article établit le droit des patients à être correctement informés sur leurs soins. Il précise que l’information doit comprendre non seulement les avantages, mais aussi les risques associés aux traitements, notamment lorsqu’il s’agit d’une technique récente. La cour a interprété cet article comme imposant une obligation de prudence renforcée dans le cas de techniques peu connues ou peu pratiquées.
- Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article permet à un justiciable de demander le remboursement des frais engagés pour le procès en cas de recours infructueux. Dans le but d'éviter un risque d'injustice pour les parties, la cour a rejeté les conclusions de l'ONIAM sur la base de cet article, considérant qu’aucune des parties n'a réussi à prouver des frais justifiés à indemniser.
Dans l'analyse, la cour a interprété le devoir d'information comme étant non seulement une formalité, mais un élément essentiel de consentement éclairé, fondamental pour la pratique médicale et la confiance du patient dans le système de santé. Ainsi, le manque d'information adéquate a non seulement été considéré comme une erreur dans la pratique médicale, mais a également conduit à une inégalité dans le droit du patient à choisir en connaissance de cause.