Résumé de la décision
La cour administrative a statué sur un litige relatif à l'indemnisation d'une patiente, Mme D..., victime d'un accident vasculaire cérébral en 2007, ayant nécessité une intervention chirurgicale retardée par une infection nosocomiale. Après une analyse, le tribunal a condamné l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM) à verser des indemnités. L'ONIAM a formé un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour administrative d'appel qui avait réduit la somme due. Mme D... a également formé un pourvoi incident. La décision a rejeté le pourvoi principal de l'ONIAM mais a annulé partiellement l'arrêt concernant l'indemnisation de l'assistance par une tierce personne. Enfin, l'ONIAM a été condamné à verser 3 000 euros à Mme D... au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Responsabilité liée aux infections nosocomiales : L'arrêt souligne que l'infection nosocomiale est prise en compte dans l'indemnisation des préjudices corporels. La cour a reconnu qu’une infection par un staphylocoque doré était, en l’espèce, de nature à diminuer les chances de succès de l’intervention chirurgicale, ce qui ouvre droit à réparation au titre de la solidarité nationale.
Citation pertinente : "Ces dispositions [...] trouvent également à s'appliquer dans le cas où une infection nosocomiale a entraîné la perte d'une chance d'éviter de tels préjudices."
2. Évaluation du préjudice : La cour a jugé que Mme D... avait perdu une chance d'améliorer son état de santé à cause de l’infection nosocomiale et a attesté que l'intervention chirurgicale prévue avait une très grande probabilité d’aboutir à une guérison presque totale.
Citation pertinente : "En estimant que l'opération chirurgicale pratiquée sur Mme D... permet généralement une amélioration partielle ou totale de l'état de santé des patients ayant connu le même type d'accident [...] cette infection avait néanmoins fait perdre à l'intéressée une chance d'amélioration de cet état de santé."
3. Indemnisation de l'assistance par une tierce personne : La cour a commis une erreur de droit en ne tenant pas compte des majorations de rémunération pour le travail effectué par une tierce personne, préjudice qui doit être évalué selon le besoin réel de la victime et non en se basant sur l'aide familiale.
Citation pertinente : "Il n'appartient notamment pas au juge [...] de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime."
Interprétations et citations légales
1. Application des dispositions du code de la santé publique : Les articles du Code de la santé publique, notamment Code de la santé publique - Article L. 1142-1-1, stipulent que les infections nosocomiales, en entraînant un taux d'incapacité supérieur à 25 %, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale, ce qui a été interprété comme s'appliquant aussi à la perte de chances.
Citation directe : "Ces dispositions [...] ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : [...] les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements [...] correspondants à un taux d'incapacité permanente supérieur à 25 %."
2. Méthode d'évaluation du taux d'incapacité permanente : La cour a retenu que la méthode d’évaluation de l’incapacité consistait à comparer la capacité que le patient aurait pu récupérer et celle qu’il a effectivement après consolidation. Cela est conforme à la jurisprudence.
Citation pertinente : "En déduisant que, même si l'intervention chirurgicale aurait pu n'améliorer l'état de santé de Mme D... qu'à un niveau incertain, cette infection a néanmoins causé une perte de chance, la cour n'a pas commis d'erreur."
3. Frais de justice : Selon l'article L. 761-1 du code de justice administrative, les frais exposés par une partie non perdante doivent être remboursés. La décision a suivi cette logique, précisant que Mme D... ne devait pas être mise à charge pour les frais de la procédure.
Citation directe : "Les dispositions de l'article L. 761-1 [...] font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D..., qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'ONIAM demande à ce titre."
Dans cette décision, la cour a