Résumé de la décision
Le groupement forestier du Herrenstein a acquis des parcelles boisées à Neuwiller-les-Saverne (Bas-Rhin), sous la condition de leur distraction du régime forestier. Il a contesté, par la voie d'un recours pour excès de pouvoir, l'arrêté du 28 novembre 2019 du ministre de l'agriculture et de l'alimentation qui a refusé cette distraction. La décision a été examinée par le Conseil d'Etat, qui a déterminé que l'affaire devait être renvoyée au tribunal administratif de Strasbourg, compétent pour juger de ce type de litige, car l'arrêté attaqué n'était pas un acte réglementaire.
Arguments pertinents
1. Caractère non réglementaire de l'arrêté : Le Conseil d'Etat a souligné que l'arrêté attaqué ne présente pas de caractère réglementaire, ce qui implique qu'il ne relève pas de sa compétence en premier ressort. La compétence pour examiner ce type d'acte a été attribuée au tribunal administratif. Cela est en conformité avec l'article R. 311-1 du code de justice administrative, qui définit les actes relevant de la compétence du Conseil d'Etat.
2. Délégation de décision en matière de distraction : En vertu de l'article L. 214-3 du code forestier, c'est l'autorité administrative compétente de l'Etat qui décide de l'application du régime forestier. Le ministre a agi en son rôle, après que l'Office national des forêts a émis un avis défavorable, ce qui a justifié sa décision.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'article L. 214-3 du code forestier : Cet article précise que "l'application du régime forestier est prononcée par l'autorité administrative compétente de l'Etat." Cela signifie que l'autorité doit agir après consultation et en cas de désaccord, une décision est prise par le ministre. L'arrêté du ministre, dans ce cas, fait suite à un avis négatif de l'Office national des forêts, ce qui témoigne de la procédure adéquate suivie, conforme à la législation en vigueur.
2. Article R. 311-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que certains actes administratifs sont de la compétence exclusive du Conseil d'Etat, mais l'arrêté du ministre, étant non réglementaire, ne fait pas partie de ces actes. Le renvoi au tribunal administratif de Strasbourg est donc justifié, en ce sens où cette juridiction est mieux adaptée pour traiter les recours contre des décisions administratives individuelles.
En somme, les arguments clés de la décision reposent sur la qualification de l'acte attaqué et sur le respect des procédures établies par le législateur, tant dans le cadre de la gestion forestière que dans l'organisation des juridictions compétentes.