Résumé de la décision
La société civile immobilière (SCI) de Provence a déposé un recours devant le Conseil d'État après le jugement du tribunal administratif de la Guyane du 11 janvier 2018, qui rejetait ses demandes d'annulation de deux décisions implicites du préfet de la Guyane. La première concernait le refus d'octroyer le recours à la force publique pour exécuter une ordonnance d'expulsion des occupants sans droits de l'îlet Portal, le second concernait l'inaction du préfet face à des occupants en séjour irrégulier. Le Conseil d'État a décidé de renvoyer la question relative à la police des étrangers à la cour administrative d'appel de Bordeaux, tout en admettant les conclusions concernant le refus d'octroyer le concours de la force publique.
Arguments pertinents
1. Inadmissibilité d'une partie de la demande : Le Conseil d'État souligne que la décision du préfet de ne pas exercer ses pouvoirs de police concernant les étrangers en situation irrégulière n'est pas de celles qui relèvent du tribunal administratif en premier et dernier ressort. À ce titre, il cite : “la décision du préfet refusant de faire usage de ses pouvoirs de police à l'égard des étrangers en situation irrégulière ne relève d'aucune des catégories de décision énumérées à l'article R. 811-1 du code de justice administrative”.
2. Admission d'une autre partie de la demande : En revanche, le Conseil d'État considère que les conclusions de la SCI concernant le refus d'octroyer le concours de la force publique sont recevables, permettant ainsi un examen sur le fond : “il y a lieu d'admettre les conclusions de la SCI de Provence dirigées contre le jugement”.
Interprétations et citations légales
L'analyse de la décision fait appel à plusieurs articles du Code de justice administrative.
1. Article L. 822-1 : Cet article stipule que : "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Cette disposition met en avant le principe selon lequel la recevabilité d'un pourvoi est soumise à une évaluation préalable, afin de s’assurer qu’il repose sur des bases sérieuses.
2. Article R. 811-1 : Concernant la nature des décisions, cet article précise quelles décisions relèvent de la compétence des tribunaux administratifs. Le Conseil d'État s'appuie sur cet article pour justifier que le refus du préfet de police n’entre pas dans les compétences d’instruction par le tribunal administratif, entraînant ainsi le renvoi de cette question à une cour compétente.
3. Article R. 351-2 : Ce dernier article autorise le Conseil d'État à renvoyer une affaire à une cour administrative d'appel lorsque certaines conclusions ne relèvent pas de sa compétence. Il précise que dans de tels cas, les conclusions doivent être examinées par la cour compétente.
Ces articles sont fondamentaux dans la structure des recours devant les juridictions administratives et jouent un rôle clé dans la détermination de leurs compétences respectives. La décision du Conseil d'État dévoile aussi l'importance de bien comprendre les voies de recours dans le système juridique français, notamment en ce qui concerne la compétence précise des tribunaux.