Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant le syndicat des copropriétaires du 12 rue Emile Level à Paris et M. A... au préfet de police de Paris concernant un arrêté de péril, le Conseil d'Etat a annulé l'ordonnance du 19 janvier 2016 de la cour administrative d'appel de Paris qui avait déclaré irrecevable leur appel en raison d'un prétendu dépassement du délai de recours. La décision souligne que le tribunal n'a pas vérifié si une demande d'aide juridictionnelle avait été présentée, ce qui aurait pu interrompre le délai. Le Conseil d'Etat a renvoyé l'affaire à la cour administrative d'appel et a ordonné à la ville de Paris de verser 1 500 euros à chaque requérant au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
Le Conseil d'Etat a fondé sa décision sur plusieurs points essentiels :
1. Irrecevabilité de l'appel : La cour administrative d'appel avait rejeté l'appel comme manifestement irrecevable, arguant qu'il avait été enregistré plus de deux mois après la notification du jugement contesté. Cependant, le Conseil d'Etat a noté que les demandeurs avaient mentionné une demande d'aide juridictionnelle sans que l'instance n'ait vérifié les dates pertinentes :
> "la requête mentionnait que ses auteurs avaient formé une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle du Conseil d'Etat."
2. Erreur de droit : Le Conseil a jugé que le président de la 4ème chambre de la cour administrative d'appel a commis une erreur de droit en ne vérifiant pas les délais relatifs à la demande d'aide juridictionnelle avant de déclarer l'appel irrecevable :
> "le président de la 4ème chambre ... a méconnu son office et commis une erreur de droit".
Interprétations et citations légales
La décision fait référence à des textes de loi spécifiques, notamment le décret du 19 décembre 1991, qui régit l'aide juridictionnelle en France. Voici quelques points clés :
1. Interruption des délais : Selon l'article 39 du décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991, une demande d'aide juridictionnelle adresser par le requérant avant la fin du délai imparti pour le dépôt d'un pourvoi interrompt ce délai :
> "Lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle ... est adressée au bureau d'aide juridictionnelle ... avant l'expiration du délai imparti pour le dépôt du pourvoi ... ce délai est interrompu."
2. Rendez-vous d'affaire : En conséquence, le Conseil d'Etat a rappelé la nécessité d'examiner la date à laquelle la demande d'aide avait été présentée et la notification qui en avait été faite aux intéressés pour déterminer la validité du délai de recours.
Ainsi, le Conseil d'Etat a non seulement cherché à appliquer les règles procédurales avec précision, mais a également voulu assurer un équilibre entre le droit d'appel et l'accès à la justice, en garantissant que les délais soient respectés conformément aux dispositions qui protègent les justiciables solliciteurs d'une aide juridictionnelle.