Résumé de la décision
M. A..., ancien directeur des services techniques du Syndicat Mixte des Transports Urbains de Thionville-Fensch (SMITU), a formulé une demande devant le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg pour obtenir une provision liée à la restitution de cotisations indues (CSG et CRDS) et à son indemnité compensatrice de congés payés pour l'année 2014. Après que le SMITU a versé l'indemnité, le juge a prononcé un non-lieu sur la demande concernant cette indemnité et a rejeté le surplus des conclusions. M. A... a contesté cette décision devant la cour administrative d'appel de Nancy, qui a partiellement annulé l'ordonnance inférieure mais a confirmé le rejet des conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. M. A... s'est pourvu en cassation contre cette ordonnance.
La cour a rejeté le pourvoi et les demandes de M. A..., considérant que le SMITU ne pouvait être considéré comme la partie perdante dans ce litige.
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Arguments pertinents
1. Compétence du juge des référés : La décision rappelle que le juge des référés a le pouvoir d'accorder des provisions en vertu de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, « lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable ».
2. Évaluation des parties gagnantes et perdantes : La cour a considéré que le SMITU ne pouvait pas être qualifié de partie perdante. En effet, le rejet des demandes de M. A... est justifié par le fait que le non-lieu à statuer concernait une partie minime des conclusions, et le SMITU avait déjà agi de manière proactive en versant l'indemnité avant l'introduction du référé, ce qui montre son absence d'attitude réticente.
3. Dispositions financières : En ce qui concerne les frais irrépétibles, « le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante », c'est pourquoi le SMITU n'était pas tenu de verser la somme demandée par M. A... en vertu de l'article L. 761-1. Cette analyse s'inscrit dans une logique d’équité et de non reconnaissance de la partie perdante.
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Interprétations et citations légales
1. Article R. 541-1 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'accorder une provision lorsque l'obligation existe de manière claire. Cela démontre que le recours du requérant doit être fondé sur des éléments indiscutables pour bénéficier d’une provision.
2. Article L. 761-1 du code de justice administrative : Ce texte stipule que « dans toutes les instances [...] le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante ». Cela établit un cadre pour déterminer à qui incombe la charge des frais non compris dans les dépens.
3. Évaluation de la partie perdante : Dans cette décision, la présidente de la cour a bien interprété que, malgré un non-lieu partiel, le SMITU n'a pas agi de manière réticente, et que la majorité des conclusions de M. A... avaient été rejetées. Cela reflète une compréhension nuancée du statut de « partie perdante », qui ne se limite pas simplement à gagner ou perdre un point dans un litige, mais à évaluer l’ensemble de la situation.
En conclusion, la cour a établi un précédent important concernant la détermination de la partie perdante dans les affaires administratives et la compréhension des articles R. 541-1 et L. 761-1 du code de justice administrative en fonction des comportements des parties en litige.