Résumé de la décision
Le Conseil d'État a été saisi par le syndicat national CGT des chancelleries et services judiciaires afin d'annuler la note du 3 juillet 2020, par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice, a établi une liste d'aptitude complémentaire de recrutement au choix dans le corps des directeurs des services de greffe pour l'année 2020. La décision du Conseil d'État a été de renvoyer cette requête à l'examen du tribunal administratif de Paris, déclarant qu'il n'était pas compétent pour statuer directement sur ce type d'acte.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : Le Conseil d'État souligne qu'il est jugé compétent en matière d'actes réglementaires, mais la note en question est considérée comme un acte collectif comportant des décisions individuelles. À ce titre, il ne relève pas de sa compétence.
- Citation pertinente : "La décision par laquelle l'autorité ministérielle établit une liste d'aptitude est un acte collectif composé d'une ou plusieurs décisions à caractère individuel et non un acte réglementaire."
2. Renvoi au tribunal administratif : En application de la compétence juridictionnelle prévue par le code de justice administrative, le Conseil d'État décide de renvoyer la requête au tribunal administratif de Paris, qui est le juge de droit commun pour ce type de litige.
- Citation pertinente : "Il y a lieu d'attribuer le jugement de ces conclusions au tribunal administratif de Paris."
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation des dispositions du code de justice administrative, en particulier :
- Code de justice administrative - Article L. 311-1 : Cet article définit les tribunaux administratifs comme juges de droit commun du contentieux administratif. Cela implique que les recours qui ne sont pas directement de la compétence du Conseil d'État doivent être adressés aux tribunaux administratifs.
- Code de justice administrative - Article R. 311-1 : Il conditionne la compétence du Conseil d'État à statuer sur les recours dirigés contre des actes réglementaires des ministres, mais ne s'applique pas aux actes collectifs comportant des décisions individuelles.
- Code de justice administrative - Article R. 351-1 et Article R. 312-12 : Ces articles précisent les règles de renvoi des affaires et les compétences respectives entre le Conseil d'État et les tribunaux administratifs, affirmant d'une manière plus générale que certaines décisions relèvent explicitement des tribunaux administratifs.
En somme, la décision du Conseil d'État repose sur une interprétation rigoureuse des compétences attribuées par la loi, et l'analyse des textes renforce l'idée que le litige devrait être tranché par un tribunal administratif et non par le Conseil d'État.