Résumé de la décision
Le 6 décembre 2016, par une ordonnance n° 1502043, le président de la 2ème chambre du tribunal administratif de Rouen a transmis au Conseil d'État une question relative à la conformité de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales aux droits et libertés garantis par la Constitution. Cette question a été examinée par le Conseil d'État, qui a jugé que l'article en question, en lien avec les sanctions fiscales, ne portait pas atteinte au respect des droits de la défense, un principe protégé par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. En conséquence, le Conseil d'État a décidé de ne pas renvoyer la question au Conseil constitutionnel, considérant que celle-ci n'était pas nouvelle et ne présentait pas un caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Sur la conformité aux droits de la défense : Le Conseil d'État a souligné que les dispositions de l'article L. 80 D visent à garantir le respect des droits de la défense : « les dispositions précitées de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales ne comportent toutefois par elles-mêmes aucune atteinte au principe constitutionnel du respect des droits de la défense qu'elles visent, au contraire, à garantir. »
2. Sur la contestation des sanctions fiscales : Le Conseil a également précisé que chaque pénalité peut être contestée individuellement, en soulignant que le contribuable a la possibilité de faire valoir que les conditions requises pour l'application de la majoration n'étaient pas remplies : « [un contribuable] peut, en revanche, contester chaque pénalité en faisant valoir que n'étaient pas réunies les conditions requises pour que soit appliquée la majoration correspondant à chacune d'entre elles. »
Interprétations et citations légales
1. Application de l'article L. 80 D : L'article L. 80 D du livre des procédures fiscales précise que les décisions concernant les sanctions fiscales doivent être motivées et qu'un délai de trente jours est accordé au contribuable pour présenter ses observations avant l'application des sanctions. Ceci est essentiel pour garantir le droit à un procès équitable.
- Citation de l'article L. 80 D : "Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées... quand un document ou une décision... en a porté la motivation à la connaissance du contribuable."
2. Examen des conditions de renvoi au Conseil constitutionnel : Conformément à l'article 23-4 de l'ordonnance n° 58-1067, pour que le Conseil constitutionnel soit saisi d'une question prioritaire de constitutionnalité, il faut que la disposition contestée soit applicable au litige, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme par le Conseil constitutionnel, et que la question soit nouvelle ou sérieuse.
- Citation de l'article 23-4 : "lorsqu'une juridiction... a transmis... la question de la conformité à la Constitution d'une disposition législative... le Conseil constitutionnel [est] saisi... à la triple condition que... la question soit nouvelle ou présente un caractère sérieux."
Cette décision montre que le Conseil d'État s'assure que les garanties procédurales sont respectées, tout en affirmant que les exigences de motivation des sanctions fiscales ne constituent pas une atteinte aux droits de la défense.