Résumé de la décision
L'affaire concerne un recours en cassation formé par M. E... contre un arrêt de la Cour des comptes qui l'avait déclaré comptable de fait de la commune d'Épinal en raison de la location d'un logement de fonction à M. B..., en vertu d'une délibération municipale et d'un contrat de bail. La Cour des comptes avait considéré que l’opération de dépense était fictive, entraînant une extraction irrégulière de deniers publics. La décision de la Cour d’annuler cet arrêté s'appuie sur une analyse juridique des conditions de l’attribution des logements de fonction au sein de la fonction publique. La Cour a finalement annulé l'arrêt de la Cour des comptes, renvoyant l'affaire à celle-ci et allouant 3 500 euros à M. E... au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
Les éléments clés de la décision s'articulent autour de la justification de l'attribution d'un logement de fonction et la nature des dépenses. En se fondant sur le cadre légal, la décision a mis en avant que :
1. Justification des logements de fonction : L'article 21 de la loi du 28 novembre 1990 stipule que l'attribution d'un logement de fonction peut être justifiée par des contraintes liées à l'exercice de la fonction, indépendamment de la capacité de l'agent à se loger par ses propres moyens. La décision indique que : « la circonstance que l'agent serait en mesure de se loger par ses propres moyens ne fait dès lors pas obstacle à la concession d'un tel logement. »
2. Caractère temporaire de l'attribution : L’argument selon lequel l'attribution était subordonnée à l'exercice des fonctions et était donc temporaire a également été souligné. La décision précise que : « l'attribut en cause, consistant non pas dans l'occupation du logement de fonction mais dans son attribution gratuite, était subordonné à l'exercice par l'intéressé de ses fonctions. »
3. Nature des transactions financières : Concernant la nature de la comptabilité, la décision conclut que la transparence de la SCI bénéficiaire des loyers et la nature des mandats adressés au comptable ne peuvent être qualifiées de fictives, puisque la commune a effectivement loué le bien et que l'attribution du logement était liée à l'occupation par l'agent.
Interprétations et citations légales
La décision s’appuie sur plusieurs textes de loi qui encadrent les droits et obligations des agents publics et la gestion des fonds publics. Les points saillants sont :
- Article 21 de la loi n° 90-1067 du 28 novembre 1990 : Ce texte stipule que « l'attribution d'un logement de fonction [...] est justifiée par les seules contraintes liées à l’exercice de ces fonctions », ce qui constitue un fondement solide pour l'argumentation de la Cour selon laquelle la capacité financière personnelle de l'agent ne peut pas justifier la non-attribution du logement.
- Article XI de l'article 60 de la loi de finances du 23 février 1963 : Cela établit que toute personne qui manie des deniers publics doit rendre compte de leur emploi, insistant sur la nécessité de justifier les dépenses pour éviter des extraits irréguliers.
Ainsi, après une analyse approfondie des lois applicables et des faits de l'affaire, la décision a corrigé une interprétation erronée des opérations de gestion de fait et réaffirmé les principes de la transparence et de la légalité dans la gestion des logements de fonction au sein de la fonction publique.