Résumé de la décision
Le Conseil d'État a annulé un jugement du tribunal administratif de Nantes qui avait annulé un permis de construire accordé à la société Arbor et Cens pour la construction d’un immeuble de quarante logements. Le tribunal avait jugé que le permis de construire était en méconnaissance des règles d’urbanisme relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives. Le Conseil d'État a estimé que le tribunal avait commis une erreur de droit en interprétant incorrectement les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme. M. et Mme A... ont été condamnés à verser une somme de 3 000 euros aux deux parties concernées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur l'interprétation des règles d'urbanisme : Le tribunal administratif a faussement considéré que les niveaux construits en attique devraient être inclus dans le calcul de la hauteur de la façade pour déterminer la distance d'implantation. En vertu de l'article UB 7.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme, "la distance minimale de l'implantation par rapport à la limite séparative latérale correspond à la moitié de la hauteur de la façade… sans qu'il y ait lieu de prendre en compte le ou les niveaux construits en attique".
2. Conséquences de l'annulation : L'annulation du jugement initial implique le retour de l'affaire au tribunal administratif de Nantes pour qu'il examine la légalité de la demande de permis de construire sur d'autres bases juridiques, sans les erreurs issues de l'interprétation précédente.
3. Condamnation financière : En ce qui concerne l'article L. 761-1 du code de justice administrative, bien que M. et Mme A… aient été parties perdantes en raison de l’annulation du jugement, ils doivent verser des frais à la commune et à la société Arbor et Cens, qui, elles, n’étaient pas les parties perdantes.
Interprétations et citations légales
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Revue des dispositions légales
- Code de l'urbanisme - Article UB 7.1.1 : "dans le secteur UBa, les constructions doivent être implantées sur l'une des deux limites séparatives latérales au moins." Ce passage indique clairement que les règles concernant l’implantation doivent être strictement suivies, sans interprétations extensives.
- Code de l'urbanisme - Article UB 10 : "La hauteur maximale des façades (H1)… est limitée à 10 mètres, dans le secteur UBa." Ce texte détermine la hauteur maximale des constructions, renforçant que l’élévation doit respecter les limites définies par le plan local d'urbanisme.
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Interprétations possibles
L'erreur du tribunal administratif visait à réintégrer les niveaux d'attique dans le calcul alors que la réglementation établit que seul le dernier niveau doit être pris en compte. Le Conseil d'État a ainsi rectifié cette interprétation, soulignant l'importance de suivre les textes de manière stricte.
L'application des articles L. 761-1 et UB 7.1.1 révèle un besoin de clarté quant à la distinction des niveaux et à l’impact de la hauteur sur l’implantation des constructions. Ces dispositions contiennent des directives impératives qui n'admettent pas d'ambiguïté.
En somme, cette décision nourrit une réflexion sur l’adhésion des tribunaux à l'interprétation littérale des textes d'urbanisme, évitant toute distorsion pouvant nuire à l'application des règlements en vigueur.