Résumé de la décision
Dans cette décision, le Conseil d'État considère les mémoires présentés par l'association des directeurs généraux des chambres de commerce et d'industrie et par le syndicat des directeurs généraux des établissements du réseau des chambres de commerce et d'industrie. Les deux mémoires, qui posent des questions similaires, sont fusionnés pour être jugés ensemble. Les requérants contestent certaines dispositions de l'article L. 711-6 du code de commerce, issu de la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019, en affirmant qu'elles portent atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution. Le Conseil d'État conclut qu'il n'y a pas lieu de renvoyer ces questions au Conseil constitutionnel, car elles ne répondent pas aux critères de nouveauté et de caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Absence d'applicabilité des dispositions : Le Conseil d'État souligne que certaines dispositions contestées ne sont pas applicables au litige, car elles concernent uniquement les directeurs généraux sous contrat de droit privé, ce qui ne touche pas à ceux ayant la qualité d'agents publics.
- "Les dispositions de la première phrase du neuvième alinéa de l'article L. 711-6 du code de commerce [...] ne sont pas applicables au présent litige."
2. Principe de légalité et liberté contractuelle : Les requérants soutiennent que les dispositions litigieuses portent atteinte à plusieurs principes constitutionnels, notamment les droits liés au droit du travail. Toutefois, le Conseil d'État estime que ces dispositions ne méconnaissent pas le principe d'égalité ou la liberté contractuelle.
- "Les matières renvoyées à un décret par les dispositions critiquées [...] ne sauraient, par suite, affecter les principes énoncés au huitième alinéa du préambule de la Constitution."
3. Questions non sérieuses : Le Conseil d'État conclut que les questions soulevées ne présentent pas un caractère sérieux et sont par conséquent irrecevables. La méconnaissance de l'objectif d'intangibilité de la loi ne peut pas non plus servir de base pour soulever une question prioritaire de constitutionnalité.
- "Par suite, les questions soulevées [...] ne présentent pas un caractère sérieux."
Interprétations et citations légales
- Code de commerce - Article L. 711-6 : Cet article aborde les prérogatives de CCI France concernant la fixation des conditions de recrutement et de rémunération des directeurs généraux sous contrat de droit privé et celles sous statut d'agents publics. La distinction entre les deux est essentielle pour comprendre pourquoi certaines dispositions ne sont pas applicables dans ce cas.
- Constitution - Article 34 : Cet article précise que la détermination des principes fondamentaux du droit du travail relève du législateur. Les requérants soulèvent des questions concernant la compétence législative, mais le Conseil d'État conclut que les règles en matière de droit du travail n'étaient pas violées dans ce contexte.
- Préambule de la Constitution de 1946 - Huitième alinéa : Il évoque les principes de liberté syndicale et de participation des travailleurs. Le Conseil d'État affirme que les dispositions contestées n'ont pas d'impact sur ces droits.
En somme, le Conseil d'État rejette la possibilité de renvoyer la question au Conseil constitutionnel, estime que les articles de loi en question n'affectent pas les droits garantis, et conclut à l'irrecevabilité des arguments des requérants.