Résumé de la décision
M. B... a été nommé chevalier de l'ordre national du Mérite en 1998 et chevalier de la Légion d'honneur en 2001. En raison de condamnations pénales, il a été suspendu pendant dix ans des droits et prérogatives attachés à ces distinctions par des décrets du 27 août 2015. M. B... a contesté ces décrets, mais le tribunal a rejeté ses requêtes, considérant qu'il n'avait pas été lésé par la procédure disciplinaire suivie à son encontre.
Arguments pertinents
1. Compétence des conseils d'ordre : Le tribunal a statué que les conseils de l'ordre national du Mérite et de la Légion d'honneur ne sont pas considérés comme des juridictions au sens de l'article 6 de la Convention européenne des droits de l'homme. Par conséquent, l'argument selon lequel la procédure aurait méconnu les droits garantis par cette Convention est inopérant.
- Citation pertinente : « ... le conseil de l'ordre national du Mérite et le conseil de l'ordre de la Légion d'honneur, compétents pour rendre un avis sur les sanctions disciplinaires...ne sont pas des juridictions au sens des stipulations de l'article 6... »
2. Délai d'action disciplinaire : Le tribunal a également noté qu'aucun texte ou principe général de droit ne définit un délai pour l'exercice de l'action disciplinaire concernant les décorations, écartant ainsi l'argument de l'absence de délai raisonnable.
- Citation pertinente : « ...aucun texte ni aucun principe général du droit n'enferme dans un délai déterminé l'exercice de l'action disciplinaire... »
3. Procédure disciplinaire : En ce qui concerne la procédure disciplinaire, le tribunal a constaté que M. B... avait reçu la communication des pièces nécessaires à sa défense, en conformité avec les règles du Code de la Légion d’honneur.
- Citation pertinente : « ...il ressort des pièces du dossier que le dossier sur lequel ont été fondées les sanctions contestées... »
4. Proportionalité de la sanction : Enfin, le tribunal a jugé que la suspension de dix ans de M. B... était proportionnée aux faits qui lui étaient reprochés, tels que précisés dans les articles du Code de la Légion d’honor.
- Citation pertinente : « ...la suspension de dix ans prononcée en l'espèce à l'encontre de M. B... n'est pas disproportionnée à la gravité des faits reprochés à l'intéressé. »
Interprétations et citations légales
1. Ordre national du Mérite et Légion d'honneur : Les procédures disciplinaires des deux ordres sont régies par des règles communes, permettant ainsi l'application des mêmes régimes disciplinaires.
- Code de la Légion d’honneur et de la médaille militaire - Article R. 103 : « L’intéressé est averti par le grand chancelier de l'ouverture d'une action disciplinaire... »
2. Droit à une procédure régulière : L'absence de nécessité d'une juridiction formelle pour le traitement disciplinaire des membres des ordres honorifiques pose une question sur les droits de la défense, mais le tribunal confirme que les procédures appliquées respectent les normes prescrites.
- Code de justice administrative - Article 34 du décret du 3 décembre 1963 : « ...les sanctions et la procédure disciplinaires prévues pour la Légion d'honneur sont applicables aux membres de l'ordre national du Mérite. »
3. Disciplinarité des peines : La structure des peines disciplinaires permet une réaction proportionnée aux actes déshonorants, selon le Code de la Légion d’honneur.
- Code de la Légion d'honneur et de la médaille militaire - Article R. 89 : « Les peines disciplinaires sont : 1° La censure ; 2° La suspension... ; 3° L'exclusion de l'ordre. »
En résumé, la décision rendue par le tribunal a rejeté les requêtes de M. B..., affirmant la légalité et la proportionnalité des sanctions qui lui ont été imposées, en s'appuyant sur des bases juridiques solides et des principes d'équité procédurale.