Résumé de la décision
M. A... a été recruté par l'université d'Evry-Val d'Essonne en tant que directeur du patrimoine immobilier avec un contrat de trois ans incluant une période d'essai de six mois. Ce contrat a été résilié le 14 octobre 2011 à la fin de la période d'essai. M. A... a contesté cette résiliation en s'adressant au tribunal administratif, qui a rejeté sa demande. En appel, la cour administrative d'appel de Versailles a annulé cette décision, soulignant l'absence de motifs justifiant le licenciement. L'université a alors saisi le Conseil d'État pour annuler cet arrêt, mais le pourvoi a été rejeté. Elle a également été condamnée à verser 3 000 euros à M. A... au titre des frais irrépétibles.
Arguments pertinents
1. Sur la validité de la rupture du contrat : La cour administrative d'appel a constaté l'absence de preuves tangibles des motifs ayant conduit à la résiliation du contrat de M. A..., en déclarant que l'université "n'avait présenté aucune pièce permettant de connaître les griefs liés à la manière de servir de M. A...." Ce constat a conduit à l'annulation de la décision de licenciement pour erreur manifeste d'appréciation.
2. Sur l'équité du jugement : Le Conseil d'État a confirmé l'évaluation des faits par la cour administrative d'appel en estimant que celle-ci avait effectué une "appréciation souveraine des faits qui est exempte de dénaturation". Cela souligne le principe selon lequel les juridictions inférieures ont une compétence d’appréciation des preuves, tant que leur analyse ne tombe pas dans la dénaturation des faits.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : Cet article prévoit que les parties perdantes dans une instance peuvent être condamnées à rembourser les frais engagés par la partie gagnante. Dans cette décision, le Conseil d'État a appliqué cet article en mettant à la charge de l'université une somme de 3 000 euros, puisqu'elle était la partie perdante dans cette instance.
Citation pertinente : "les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font dès lors obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de M. A...qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante".
2. Principes de droit du travail : Le tribunal a affirmé que, durant une période d'essai, la résiliation d'un contrat de travail doit être fondée sur des motifs objectifs et justifiés. L'absence de ces motifs, comme l'indiquent les courriers de la directrice générale adjointe soulignant des critiques non démontrées, constitue une violation des droits de l'employé.
Citation pertinente : La cour a souligné que M. A... avait produit plusieurs attestations faisant état de son "professionnalisme et de sa diligence dans l'exercice de ses fonctions", ce qui contredit les affirmations de l'université.
Conclusion
Cette décision du Conseil d'État rappelle l'importance des motifs objectifs pour justifier la rupture d'un contrat de travail, même en période d'essai, et la nécessité de présenter des preuves tangibles lors des litiges liés aux licenciements. La confirmation de la décision prise par la cour administrative d'appel, ainsi que l'octroi d'une indemnité pour frais irrépétibles, réaffirment le droit du travail et la protection des salariés contre des résiliations abusives.