Résumé de la décision
La décision concerne une saisine du Conseil constitutionnel par la cour administrative d'appel de Versailles, portant sur la conformité à la Constitution des dispositions du II de l'article 31 de la loi n° 2011-1978 du 28 décembre 2011 de finances rectificative pour 2011. Ce point a été soulevé dans le cadre d'un litige impliquant la société par actions simplifiée Alinéa, relatif à la possibilité de reporter un déficit fiscal. La cour a estimé que cette question méritait d'être examinée par le Conseil constitutionnel en raison de son caractère sérieux, notamment en rapport avec le principe de garantie des droits énoncé dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Arguments pertinents
1. Applicabilité des dispositions législatives : La cour a souligné que les dispositions du II de l'article 31 s'appliquent aux déficits constatés à partir du 21 septembre 2011. Il a été établi que ces dispositions touchaient directement le litige en cours, conforme à l'exigence de l'article 23-4 de l'ordonnance du 7 novembre 1958.
2. Caractère non conforme au principe de garantie des droits : Le moyen soulevé par Alinéa, selon lequel ces dispositions portent atteinte à la garantie des droits, a été considéré comme sérieux. La cour a affirmé que cette atteinte pourrait bien justifier une évaluation par le Conseil constitutionnel et renvoyer la question de constitutionnalité.
Interprétations et citations légales
- Article 23-4 de l'ordonnance n° 58-1067 : Cet article stipule les conditions de saisine du Conseil constitutionnel, stipulant que la question doit être applicable au litige, non antérieurement déclarée conforme, et qu'elle doit présenter un caractère sérieux. La décision s'est fondée sur cette exigence pour justifier le renvoi de la question au Conseil constitutionnel.
- Code général des impôts - Article 220 quinquies : Cet article détermine les modalités de report en arrière des déficits. La décision a mis en lumière que le report n'est admis que sous certaines conditions, notamment un plafond de 1 000 000 euros. La cour a expliqué que l'interprétation restrictive de cet article soulève des incertitudes sur la garantie des droits, en soulignant : « l'option pour le report en arrière d'un déficit n'est admise qu'à la condition qu'elle porte sur le déficit constaté... ».
- Loi n° 2011-1978 du 28 décembre 2011 - Article 31 : Sa disposition interprétative a été scrutée par la cour, qui a péniblement remarqué que ces dispositions pourraient affecter les droits des contribuables insatisfaits du régime fiscal. La cour a signalé que cette disposition « s'applique aux déficits constatés au titre des exercices clos à compter du 21 septembre 2011 », mettant en exergue son influence sur la situation des contribuables concernés.
Ces éléments illustrent la complexité de la législation fiscale et la nécessité de protéger les droits des contribuables face à des modifications législatives pouvant restreindre leurs possibilités de recours devant l'administration fiscale.