Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société par actions simplifiée (SAS) Loison a contesté des impositions supplémentaires de taxe professionnelle et de cotisation foncière des entreprises, estimant que son établissement à Armentières, déclaré comme un local commercial, ne revêtait pas le caractère d'un établissement industriel. À l'issue d'un recours, la cour administrative d'appel de Douai a confirmé la position de l'administration fiscale. Cependant, le Conseil d'État a annulé cet arrêt, considérant que la cour n'a pas suffisamment examiné le rôle prépondérant des installations techniques dans l'ensemble des activités de l'établissement, et a ordonné le renvoi de l'affaire à la cour administrative d'appel de Douai.
Arguments pertinents
Les arguments clés de la décision se concentrent sur la qualification de l'établissement de la société Loison et le rôle des moyens techniques mis en œuvre.
1. Importance des moyens techniques : La cour a souligné que l'activité de fabrication de charpentes et de menuiseries métalliques ne pouvait être considérée comme accessoire par rapport à d'autres activités de la société. Ceci est illustré par le raisonnement suivant : « L'importance des moyens techniques mis en œuvre pour cette activité de fabrication… ».
2. Insuffisance de motivation et erreur de droit : Le Conseil d'État a relevé que la cour administrative d'appel a entaché son arrêt d'une « insuffisance de motivation et d'une erreur de droit », en ne s'assurant pas que les installations techniques et matériels avaient un rôle prépondérant par rapport à l'ensemble des activités de l'établissement, qui incluaient non seulement la fabrication, mais aussi la conception et la pose.
Interprétations et citations légales
Cette décision met en lumière l'interprétation des textes relatifs à la taxation des établissements industriels. Les articles de loi appliqués sont :
- Code général des impôts - Article 1469 : Cet article précise les règles de calcul de la taxe professionnelle et de la cotisation foncière des entreprises. Il établit que la valeur locative doit se baser sur les règles pour l'établissement de la taxe foncière.
- Code général des impôts - Article 1499 : Il définit ce qui constitue une immobilisation industrielle et les critères qui permettent de qualifier un établissement d'industriel. Il stipule que revêtent un caractère industriel « les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques… peu importe que cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers, mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant ».
Cette décision met donc en exergue l'importance d'une évaluation complète de l'ensemble des activités exercées par un établissement et la nécessité d'apprécier la pertinence des moyens techniques en relation avec ces activités pour déterminer la qualification fiscale appropriée. L'examen des activités doit être global, et non segmenté, ce qui a conduit le Conseil d'État à annuler les décisions précédentes et à renvoyer l'affaire pour un réexamen.