Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant Mme B...-C... au Conseil d'État, la cour a examiné une demande de rectification pour erreur matérielle concernant sa décision n° 419223 du 3 juin 2019, qui avait rejeté un pourvoi contre l'arrêt n° 17PA01105 de la cour administrative d'appel de Paris. Mme B...-C... soutenait que le Conseil d'État avait mal interprété la convention de séparation de corps relative à ses droits sur des biens donnés à ses enfants. En rejetant sa requête, le Conseil d'État a affirmé que la demande ne relevait pas d'une erreur matérielle mais d'une contestation sur des appréciations juridiques.
Arguments pertinents
1. Non-recevabilité du recours : Le Conseil d'État a jugé que le recours en rectification d'erreur matérielle n'était pas recevable. En effet, selon l'article R. 833-1 du code de justice administrative, ce type de recours vise uniquement à corriger des « erreurs matérielles » et ne peut pas être utilisé pour remettre en cause des appréciations juridiques, ce que tentait de faire Mme B...-C....
> "Le recours en rectification d'erreur matérielle n'est ouvert qu'en vue de corriger des erreurs de caractère matériel qui ne sont pas imputables aux parties."
2. Analyse des faits : La cour a précisé que la décision contestée ne requalifiait pas les éléments de fait ou de preuve, mais se contentait d’écarter un argument basé sur une prétendue dénaturation des faits.
> "La contestation... ne conduit pas à réparer une omission matérielle, mais revient à mettre en cause les appréciations d'ordre juridique."
Interprétations et citations légales
L'interprétation des textes de loi est ici centrale à la décision du Conseil d'État :
- Code de justice administrative - Article R. 833-1 : Cet article définit les conditions dans lesquelles un recours pour rectification d'erreur matérielle peut être introduit, précisant que ce recours est limité à des fautes qui n’affectent pas les éléments juridiques de la décision.
> "Lorsqu'une décision d'une cour administrative d'appel ou du Conseil d'Etat est entachée d'une erreur matérielle... la partie intéressée peut introduire devant la juridiction qui a rendu la décision un recours en rectification."
Dans ce contexte, le Conseil d'État a souligné que les éléments invoqués par Mme B...-C..., même s'ils semblent constituer une erreur de fait selon sa perception, relèvent en réalité d'une appréciation juridique par le Conseil d'État sur les éléments de preuve et les conclusions des juges d'appel. D’où la distinction essentielle établie entre les « erreurs matérielles » et les jugements sur des faits, éléments et appréciations juridiques où le droit de la contestation est strictement encadré.
Ainsi, le Conseil d'État a rejeté le recours, soulignant que Mme B...-C... ne se prévaut pas d'une erreur matérielle mais tente de contester le fond, ce qui échappe aux prérogatives de la rectification d'erreur matérielle.