Résumé de la décision
M. B... a demandé l'annulation pour excès de pouvoir de certains paragraphes d'une circulaire du 22 mai 2014 relative à la lutte contre la fraude fiscale. Il a contesté la nécessité d'une plainte préalable de la Direction générale des finances publiques (DGFIP) pour engager des poursuites pénales pour fraude fiscale, en particulier en matière de documents d'origine illicite. Il a également contesté des paragraphes concernant les sanctions fiscales et leur application. Le Conseil d'État a rejeté sa requête, affirmant que les dispositions contestées ne contenaient pas de règles impératives susceptibles d'être déférées au juge de l'excès de pouvoir.
Arguments pertinents
1. Sur l'absence de disposition impérative:
Le Conseil a conclu que le troisième paragraphe attaqué mentionnait simplement les conditions nécessaires à l'engagement des poursuites, sans se prononcer sur la possibilité de déposer une plainte fondée sur des documents illicites. À cet égard, il a souligné que "Ce paragraphe [...] ne prend nullement position sur cette question", indiquant que son objet n'était pas de limiter des droits d'action.
2. Sur la question des sanctions:
Concernant les dixième et onzième paragraphes, le Conseil a clairement énoncé que ces derniers se bornaient à rappeler que l'administration fiscale pouvait, dans certains cas, avoir recours à des poursuites pénales, et qu'ils "n'ont pas pour objet de commenter" les conditions de cumul des sanctions fiscales. Cela conduit à l'affirmation que ces paragraphes ne contiennent pas de règles juridiques pouvant être attaquées.
Interprétations et citations légales
1. Sur la procédure d'enquête fiscale:
La circulaire en question précise que la "poursuite, par l'autorité judiciaire, des fraudes fiscales [...] est conditionnée à une plainte préalable de la DGFIP". Cela implique une nécessité procédurale qui n'implique pas l'exclusion d'autres voies de recours pour la DGFIP, ce qui est important en matière de respect des droits de la défense et des possibilités d'action.
2. Sur les sanctions en matière fiscale:
Les articles 1728 et 1741 du Code général des impôts précisent les sanctions fiscales applicables en cas de manquements déclaratifs. Le Conseil précise que l'application conjointe de ces articles "ne prend nullement position sur cette question", indiquant qu'il n'est pas de son ressort de définir ou restreindre les conditions d'application de ces mesures.
3. Sur les principes constitutionnels:
Bien que M. B... ait soulevé des questions prioritaires de constitutionnalité, le Conseil d'État a décidé de ne pas se prononcer sur ces questions, affirmant "qu'il résulte de ce qui précède que la requête ne peut qu'être rejetée". Cela montre que le Conseil se limite strictement aux enjeux procéduraux sans entrer dans les débats constitutionnels, ce qui est un aspect clé de la séparation des pouvoirs.
Conclusion
Ainsi, la décision du Conseil d'État souligne l'importance de préciser les conditions d'engagement et d'application des poursuites fiscales sans introduire de dispositions qui pourraient être qualifiées d'absolues ou d'impératives devant le juge administratif. Cela montre également une prudence dans l'interprétation des textes en matière pénale et fiscale, ainsi qu'une déférence pour les actes administratifs, tant qu'ils ne violent pas les droits et libertés garantis par la Constitution.