Résumé de la décision
La décision concerne une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) soulevée par la société anonyme UTI Group concernant la conformité à la Constitution des dispositions du e) du I de l'article 1763 du Code général des impôts, relatives à une amende pour le défaut de production ou l'inexactitude d'un état exigé pour la déclaration de résultat fiscal. Le Conseil d'État a renvoyé la question au Conseil constitutionnel, lequel a déclaré les dispositions conformes à la Constitution par sa décision n° 2017-636 QPC du 9 juin 2017. En conséquence, le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer à nouveau cette question au Conseil constitutionnel.
Arguments pertinents
1. Applicabilité de la disposition : Le Conseil d'État a noté que les conditions posées par l'article 23-4 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 pour saisir le Conseil constitutionnel n'étaient pas remplies, car la disposition contestée avait déjà été examinée et déclarée conforme à la Constitution.
2. Précédente décision du Conseil constitutionnel : Le Conseil d'État cite la décision n° 2017-636 QPC qui a déclaré conformes les mots "au I de l'article 54 septies" du e) du I de l'article 1763, établissant ainsi un précédent qui empêche le retour sur la question de constitutionnalité, sauf changement significatif des circonstances.
3. Conditions de la question prioritaire : Le Conseil d'État a réaffirmé que pour qu'une question de constitutionnalité soit renvoyée, il faut qu'elle soit nouvelle ou présente un caractère sérieux, ce qui n'était pas le cas en l'espèce puisque la question avait déjà été tranchée par le Conseil constitutionnel.
Interprétations et citations légales
- Ordonnance n° 58-1067 du 7 novembre 1958, article 23-4 : Cet article stipule qu'une juridiction ne peut renvoyer une question de constitutionnalité si la disposition a déjà été déclarée conforme à la Constitution, sauf changement des circonstances. Cette clause a été essentielle pour éviter un second renvoi au Conseil constitutionnel.
- Code général des impôts - Article 1763 : Le I de cet article précise que tout défaut ou inexactitude dans la production de documents fiscaux entraîne une amende de 5 % des sommes omises. La conformité de ces dispositions a été confirmée par le Conseil constitutionnel, ce qui constitue une base légale solide dans le cadre de l'imposition des pénalités fiscales.
- Décision n° 2017-636 QPC du 9 juin 2017 : Cette décision a tranché la question de la constitutionnalité des mots "au I de l'article 54 septies", en déclarant leur conformité. Cette décision étant antérieure, elle lie la question soulevée par UTI Group.
En résumé, le Conseil d'État a statué que, eu égard aux décisions antérieures et aux exigences légales en matière de renvoi du Conseil constitutionnel, il n'y avait pas lieu de soumettre à nouveau la question de constitutionnalité, mettant ainsi un terme à la contestation soulevée par la société UTI Group.