Résumé de la décision :
M. B..., après un contrôle fiscal portant sur ses revenus des années 2005 à 2007, a vu la déduction de sa pension alimentaire pour son ex-épouse et le bénéfice d'une demi-part supplémentaire de quotient familial contestés par l'administration fiscale. Suite au rejet de sa demande par le tribunal administratif de Marseille, il a interjeté appel. La cour administrative d'appel de Marseille a également rejeté son appel le 20 décembre 2013. M. B... se pourvoit alors en cassation. Le Conseil d'État annule l'arrêt de la cour pour erreur de droit concernant le bénéfice de la demi-part et pour insuffisance de motivation quant à la pénalité pour manquement délibéré, ordonnant la révision de l'affaire et condamnant l'État à verser 2 000 euros à M. B... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents :
1. Sur le bénéfice de la demi-part supplémentaire :
La décision souligne que selon le Code général des impôts - Article 195, le bénéfice d'une demi-part supplémentaire est conditionné par le fait que le contribuable vive seul au 1er janvier de l'année d'imposition. Il est précisé que "la seule circonstance que le contribuable réside à la même adresse qu'une personne majeure n'ayant aucun lien de parenté avec lui ne suffit pas à établir que ce contribuable ne vit pas seul". La cour a donc fait une erreur de droit en se basant uniquement sur la cohabitation pour rejeter la demande de M. B....
2. Sur la pénalité pour manquement délibéré :
La cour a insuffisamment motivé son arrêt quant à l'application de la majoration de l'impôt, en affirmant que celle-ci n'avait été appliquée qu'à la réintégration de la pension alimentaire. Le Conseil souligne que "la cour a insuffisamment motivé son arrêt", ce qui constitue également une erreur affectant l'arrêt initial.
Interprétations et citations légales :
1. Article 195 du Code général des impôts :
Selon cet article, le bénéfice de la demi-part supplémentaire de quotient familial est accordé sous condition de non-cohabitation. La décision rappelle que ce droit "ne constitue un droit pour le contribuable que sous la condition, notamment, qu'il vive seul au 1er janvier de l'année d'imposition". Les travaux préparatoires révèlent que le législateur a voulu éviter que des contribuables vivant en couple, même sans lien matrimonial, soient placés dans une situation fiscale plus avantageuse qu'un contribuable marié.
2. Article 1729 du Code général des impôts :
Pour ce qui est des pénalités de manquement, l'importance de la motivation dans les décisions judiciaires est mise en exergue. En ne vérifiant pas les affirmations du ministre concernant l’application de la majoration sur le rehaussement du quotient familial, "la cour a insuffisamment motivé son arrêt", ce qui va à l'encontre des exigences de diligence et de justesse dans le traitement des appels. Cela souligne la nécessité d'une évaluation rigoureuse et motivée des faits par les juridictions administratives.
En conclusion, la décision annule l'arrêt de la cour d'appel en raison d'erreurs tant d'interprétation des faits que de motivation, affirmant ainsi les garanties de droit fiscal dans les rapports entre l'administration et les contribuables.