Résumé de la décision :
Dans le cadre des élections municipales de la commune de Vendegies-sur-Ecaillon, tenues le 15 mars 2020, la liste "Ensemble Vendegies demain", dirigée par M. D..., a remporté le scrutin par un faible margin (304 voix contre 299). Cependant, Mme M..., maire sortante, a contesté ces résultats, faisant valoir que la diffusion tardive d'un tract électoral par la liste adverse portait atteinte à la régularité du scrutin. Le tribunal administratif de Lille, dans un jugement du 30 septembre 2020, a annulé les opérations électorales en raison de la violation des droits de réponse de la liste "Vendegies naturellement", entraînant une décision de rejet de la requête de M. D... en appel, ainsi que le rejet de ses conclusions au titre des frais de justice.
Arguments pertinents :
1. Diffusion d’un élément nouveau : La cour a constaté que le tract, diffusé le 13 mars 2020, contenait des informations nouvelles et polémiques que la liste "Vendegies naturellement" n'avait pas eu la possibilité de contester avant l’élection. Ainsi, ce fait a été jugé suffisant pour annuler les élections dans la mesure où il a altéré la sincérité du scrutin.
- Citation pertinente : "La diffusion d'ampleur et tardive de ce tract a été de nature à altérer les résultats du scrutin."
2. Violer le principe d’égalité : La cour a souligné que le non-respect de l'article L. 48-2 du code électoral a constitué une violation des principes d'égalité entre les candidats. En effet, les candidat(e)s n’ont pas eu la possibilité de répondre à cette nouvelle allégation.
- Citation pertinente : "Il est interdit à tout candidat de porter à la connaissance du public un élément nouveau de polémique électorale à un moment tel que ses adversaires n'aient pas la possibilité d'y répondre utilement avant la fin de la campagne électorale." (Code électoral - Article L. 48-2)
Interprétations et citations légales :
1. Article L. 48-2 du code électoral : Cet article interdit la communication d'éléments nouveaux de polémique électorale de façon à ne pas laisser le temps aux adversaires de réagir. La cour a ici considéré que la diffusion du tract constituaient une violation claire de cet article en raison du timing inapproprié.
2. Article L. 49 du code électoral : Interdit également la distribution de documents électoraux à partir de la veille du scrutin à zéro heure. La cour a retenu que le tract a été distribué à un moment où son contenu ne pouvait être réfuté par l'adversaire, ce qui constitue un manquement sérieux à cette disposition.
- Citation pertinent : "A partir de la veille du scrutin à zéro heure, il est interdit de distribuer ou faire distribuer des bulletins, circulaires et autres documents." (Code électoral - Article L. 49)
En conclusion, la décision annule les résultats des élections du 15 mars 2020 en raison de la diffusion tardive d'un tract électoral contenant des éléments non contestés par la liste adverse, violant ainsi le principe d'égalité et le code électoral.