Résumé de la décision
La société Ainevil, propriétaire d'un immeuble à usage commercial à Villers-Cotterêts, a demandé l'exonération de la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties et la réduction du montant de cette taxe pour l'année 2016. Le tribunal administratif d'Amiens a rejeté sa demande par un jugement du 3 avril 2018. Ainevil a alors formé un pourvoi en cassation, principalement sur le rejet de la demande de réduction. La Cour a annulé le jugement en ce qu'il a statué sur cette demande, constatant que l'administration fiscale avait illégalement utilisé un immeuble d'une autre commune comme terme de comparaison pour établir la valeur locative.
Arguments pertinents
1. Utilisation des termes de comparaison : La décision souligne que l'administration doit s'assurer que les termes de comparaison utilisés pour évaluer la valeur locative des biens immobiliers sont pertinents et idéalement issus de la même commune. Une comparaison avec un bien d'une autre commune, sans justification, n'est pas conforme aux normes légales. La décision note : « [...] le tribunal, qui était saisi d'un tel moyen, a méconnu les dispositions du a du 2° de l'article 1498. »
2. Conformité à la législation fiscale : La Cour a constaté que le tribunal administratif avait enfreint les dispositions de l’article 1498 du code général des impôts en ne recherchant pas d'abord la disponibilité de termes de comparaison au sein de la commune où se situe le local à évaluer. Cela constitue une défaillance dans l’évaluation faite par l’administration fiscale.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur les dispositions précises du Code général des impôts - Article 1498, qui prévoit les méthodes de détermination de la valeur locative. Les points clés de cet article sont:
- 1° La valeur locative est, pour les biens donnés en location à des conditions de prix normales, celle qui ressort de cette location.
- 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, la valeur locative doit être déterminée par comparaison avec d'autres biens, idéalement dans la même commune.
- 2° b. La comparaison doit idéalement se faire avec des immenses similaires dans la même localité ou une localité similaire économiquement.
La décision de la Cour montre que l'objectif fondamental de ces articles est de garantir que chaque propriétaire d'immeuble est évalué de manière juste et équitable par rapport aux autres biens, évitant ainsi des disparités dues à des comparaisons inappropriées. La non-conformité aux prescriptions légales conduit à une annulation du jugement, ordonnant une réévaluation appropriée par le tribunal administratif.
Ainsi, ce cas met en lumière la nécessité impérative de respecter les normes établies pour l'évaluation des biens immobiliers dans le contexte fiscal, en insistant sur l'importance d'utiliser des termes de comparaison appropriés dans le même cadre géographique.