Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société Développement et Applications des Techniques de l'Energie (Date) conteste une décision de l'administration fiscale qui a remis en cause une partie des crédits d'impôt recherche déclarés par la société pour les exercices 2009 à 2011. Le tribunal administratif de Grenoble avait initialement rejeté la demande de décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés, mais la cour administrative d'appel de Lyon, dans un arrêt du 27 août 2019, avait annulé ce jugement et prononcé la décharge des impositions en litige. Le ministre de l'action et des comptes publics, contestant cette décision, a demandé l'annulation des articles 1 à 3 de l'arrêt. Le Conseil d'État a finalement annulé ces articles, considérant que la cour avait commis une erreur de droit.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la prise en compte des éléments de procédure : Le Conseil d'État a estimé que la cour administrative d'appel de Lyon avait dénaturé la portée du compte-rendu adressé à la société, qui ne suggérait pas que la voie de recours de l'interlocuteur départemental était fermée. Le tribunal a considéré que :
> "La cour a déduit de cette appréciation que la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la société avait été entachée d'une irrégularité de nature à entraîner la décharge des impositions en litige."
2. Application de la charte des droits et obligations : Le Conseil d'État a souligné l'importance de la charte des droits et obligations remise au contribuable, qui stipule que des éclaircissements peuvent être fournis par le vérificateur et que le contribuable peut s'adresser à un interlocuteur départemental en cas de divergences :
> "La possibilité pour un contribuable de s'adresser, dans les conditions édictées par la charte, à l'interlocuteur départemental ou régional constitue une garantie substantielle."
Interprétations et citations légales
1. Article L. 10 du livre des procédures fiscales : Cet article indique que l'administration fiscale doit remettre au contribuable la charte de ses droits avant toute vérification et que les dispositions de cette charte lui sont opposables. Cela souligne l'importance du droit à l'information et d'une procédure transparente :
> "Avant l'engagement d'une des vérifications (...) l'administration des impôts remet au contribuable la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ; les dispositions contenues dans la charte sont opposables à l'administration."
2. Erreur de droit identifiée : Le Conseil d'État a dénoncé le fait que la cour ait considéré que le compte rendu avait induit l'entreprise en erreur sur la possibilité de recours :
> "La cour a dénaturé la portée de ce compte-rendu et par suite commis une erreur de droit."
En conclusion, cette décision met en lumière l'importance du respect des procédures fiscales et des droits du contribuable à être correctement informé de ses possibilités de recours, renforçant ainsi la nécessité de la clarté dans les communications entre l'administration fiscale et les contribuables.