Résumé de la décision
La présente décision porte sur le recours de M. A..., qui conteste son licenciement prononcé par le directeur du centre d'accueil et de soins hospitaliers (CASH) de Nanterre par une décision du 31 mars 2016. M. A... a demandé la suspension de cette décision en référé, au motif qu'elle portait atteinte à son droit syndical en tant que représentant au comité technique d'établissement. Le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise avait initialement rejeté cette demande, arguant que l'urgence n'était pas remplie. Cette décision a ensuite fait l'objet d'un appel, et le juge a reconnu une insuffisance de motivation dans le jugement initial, annulant ainsi l'ordonnance et renvoyant l'affaire au tribunal administratif. En conséquence, le CASH de Nanterre a été condamné à verser 3 000 euros à M. A... au titre des frais juridiques.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : La décision initiale du juge des référés a été entachée d'une "insuffisance de motivation" en n'ayant pas examiné les arguments de M. A..., notamment en ce qui concerne l'impact de sa décision de licenciement sur son droit syndical.
Citation pertinente : "le juge des référés... a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, sans répondre à l'argumentation du requérant selon laquelle... la décision contestée était de nature à porter atteinte à l'exercice du droit syndical."
2. Critères d'urgence : Le juge a réaffirmé qu'il incombait au juge des référés de démontrer "les raisons de droit et de fait" justifiant la reconnaissance de l'urgence ou son rejet, ce qui n'a pas été fait dans le cas présent.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs textes du Code de justice administrative, en particulier concernant la suspension des décisions administratives :
- Code de justice administrative - Article L. 521-1: Cet article stipule que "le juge des référés... peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision."
- La jurisprudence souligne que l'examen de l'urgence doit être attentif et que le juge doit répondre à tous les arguments exposés par les parties, notamment lorsque ceux-ci touchent aux droits fondamentaux, comme le droit syndical.
Cette décision rappelle également que le manquement à une analyse approfondie des conséquences juridiques sur les droits des individus peut entraîner l'annulation de l’ordonnance, comme illustré par la mention d'une insuffisance de motivation.
Enfin, l'affaire est renvoyée au tribunal administratif pour un examen retenu, et la condamnation du CASH souligne le principe selon lequel la partie perdante doit couvrir les frais engagés par la partie gagnante, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.