Résumé de la décision
La société Amaya Services Limited, anciennement Rational Services Limited, a demandé le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 1 230 353 euros pour la période du 1er avril au 31 juillet 2013. L'administration fiscale a rejeté sa demande, ce qui a conduit la société à se pourvoir en cassation contre l'arrêt du 31 mai 2018 de la cour administrative d'appel de Versailles, qui avait également rejeté son appel. La décision de la Cour de cassation a annulé cet arrêt, en constatant que la cour administrative avait dénaturé les faits en reconnaissant que la société Rational Services Limited avait qualité pour présenter la demande de remboursement en tant que représentant fiscal.
Arguments pertinents
1. Compétence du représentant fiscal : La Cour a pris en compte que la société Rational Services Limited, immatriculée et enregistrée en tant que représentant fiscal d'un "groupement TVA", avait qualité pour introduire la demande de remboursement. La cour administrative a, à tort, estimé qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments pour identifier le représentant fiscal.
> "Il ressort de ces éléments, non contredits, que la société Rational Services Limited était, à la date du 12 août 2013, le représentant fiscal du 'groupement TVA' auquel elle appartenait."
2. Application de la directive européenne : Le rejet de la demande par l'administration semblait aller à l'encontre des principes établis par la directive 2006/112/CE, précisant que des sociétés étroitement liées sur le plan financier et organisationnel peuvent être considérées comme un seul assujetti, permettant ainsi une simplification des procédures administratives.
Interprétations et citations légales
La décision se fonde principalement sur l’interprétation de l’article 11 de la directive 2006/112/CE :
- Directive 2006/112/CE - Article 11 :
> "Après consultation du comité consultatif de la taxe sur la valeur ajoutée (...), chaque État membre peut considérer comme un seul assujetti les personnes établies sur le territoire de ce même État membre qui sont indépendantes du point de vue juridique mais qui sont étroitement liées entre elles sur les plans financiers, économique et de l'organisation."
Dans cette décision, la Cour a soutenu que la législation européenne permet une flexibilité pour la classification des assujettis à la TVA, renforçant ainsi le droit du contribuable à demander un remboursement, si les conditions sont remplies.
L'articulation entre la position de la société et les réglementations en vigueur a été clé pour la décision. En conclusion, la décision de la Cour administrative de cassation a permis de rétablir les droits de la société Amaya Services Limited au regard des implications de la TVA, tout en réaffirmant le cadre juridique européen qui gouverne le traitement des demandes de remboursement de taxe sur la valeur ajoutée.