Résumé de la décision
Mme B A a contesté la délibération du 2 juillet 2020 du jury du master des métiers de l'enseignement de l'éducation et de la formation du 1er degré de l'université de Picardie Jules Verne, qui a refusé de lui permettre de redoubler son année. Après le rejet de sa demande par le tribunal administratif d'Amiens et la cour administrative d'appel de Douai, elle a formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. Par une décision, le Conseil d'État a déclaré le pourvoi irrecevable, estimant que les moyens soulevés par Mme A n'étaient pas de nature à permettre son admission.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : Mme A a soutenu que l'arrêt de la cour administrative d'appel était entaché d'une méprise sur la portée de ses écritures, en ce qu'il ne répondait pas à son argument concernant l'insuffisance de motivation. Cependant, le Conseil d'État a jugé que cet argument ne permettait pas d'admettre le pourvoi.
2. Contradiction et irrégularité : Elle a également invoqué une irrégularité liée à la méconnaissance du principe du contradictoire, arguant que la cour s'était fondée sur un règlement des examens non versé au dossier. Le Conseil d'État a considéré que cet argument n'était pas suffisant pour justifier l'admission du pourvoi.
3. Illégalité de la délibération : Mme A a soutenu que la délibération du jury était illégale car prise en application d'un règlement adopté par une autorité incompétente. Le Conseil d'État a estimé que cet argument ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
4. Appréciation des mérites : Enfin, elle a contesté l'appréciation des mérites par le jury, affirmant que ses arguments avaient été rejetés comme inopérants. Le Conseil d'État a conclu que cet argument ne permettait pas non plus d'admettre le pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité du pourvoi de Mme A, en précisant que l'admission peut être refusée si le pourvoi est "irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux".
2. Principes du contradictoire et de la motivation : Le Conseil d'État a rappelé que le respect du principe du contradictoire et l'exigence de motivation des décisions sont des garanties fondamentales. Toutefois, il a jugé que les arguments de Mme A ne démontraient pas une violation de ces principes suffisamment grave pour justifier l'admission du pourvoi.
3. Compétence des autorités universitaires : Concernant l'argument sur l'illégalité de la délibération, le Conseil d'État a souligné que la compétence des autorités universitaires pour adopter des règlements est un aspect qui doit être clairement établi pour qu'un moyen d'illégalité soit recevable. L'absence de preuve de cette incompétence a conduit à l'irrecevabilité du moyen.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de Mme A, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à justifier son admission, conformément aux dispositions du code de justice administrative.