Résumé de la décision
M. D C et Mme A B, épouse C, ont contesté la décision du 25 octobre 2017 de l'Etablissement public foncier d'Ile-de-France qui a exercé un droit de préemption urbain sur une parcelle à Romainville. Leur demande d'annulation pour excès de pouvoir a été rejetée par le tribunal administratif de Montreuil, puis par la cour administrative d'appel de Versailles. M. et Mme C ont formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat, qui a décidé de ne pas admettre leur pourvoi, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à permettre son admission.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la délégation de signature : M. et Mme C ont soutenu que le 3ème vice-président d'Est Ensemble n'avait pas le pouvoir de déléguer l'exercice du droit de préemption à l'Etablissement public foncier d'Ile-de-France, car il ne disposait que d'une délégation de signature du président. La cour a écarté cet argument, considérant que la délégation était valide.
2. Motivation de la décision de préemption : Ils ont également contesté la motivation de la décision de préemption, arguant que celle-ci ne précisait pas suffisamment les considérations propres au bien préempté. La cour a jugé que la décision était suffisamment motivée, ce qui a été contesté par les requérants.
3. Délai de préemption : Enfin, M. et Mme C ont contesté le calcul du délai de préemption, soutenant qu'il n'aurait pas dû être suspendu par les demandes de communication de documents. La cour a jugé que le délai avait été correctement suspendu jusqu'à la satisfaction des demandes.
Interprétations et citations légales
1. Délégation de signature : L'article L. 822-1 du code de justice administrative stipule que le pourvoi en cassation doit être fondé sur des moyens sérieux. La cour a interprété que la délégation de signature était suffisante pour permettre l'exercice du droit de préemption, sans qu'il soit nécessaire de prouver une délégation explicite du pouvoir de préemption.
2. Motivation des décisions administratives : La cour a appliqué le principe selon lequel une décision administrative doit être suffisamment motivée pour permettre aux intéressés de comprendre les raisons de la décision. Elle a jugé que les mentions de la décision de préemption permettaient d'identifier la nature de l'opération d'aménagement, conformément aux exigences de motivation.
3. Calcul du délai de préemption : La cour a interprété que le délai de préemption, en vertu des règles de procédure administrative, pouvait être suspendu par des demandes de communication de documents. Cela est conforme à la jurisprudence qui admet que le délai ne recommence à courir qu'une fois que toutes les demandes ont été satisfaites.
Ces interprétations montrent que le Conseil d'Etat a veillé à respecter les principes de légalité et de motivation des actes administratifs, tout en confirmant la validité des procédures suivies par l'Etablissement public foncier d'Ile-de-France.