Résumé de la décision
La société par actions simplifiée (SAS) Henkel Holding France a contesté un jugement du tribunal administratif de Montreuil qui avait rejeté sa demande de rétablissement d'une somme de 3 678 500 euros dans le déficit reportable d'ensemble de son groupe fiscalement intégré pour l'exercice clos en 2015. La cour administrative d'appel de Versailles a également rejeté son appel. Henkel Holding France a alors formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, demandant l'annulation de l'arrêt de la cour d'appel et le rétablissement de sa demande. Le Conseil d'État a décidé de ne pas admettre le pourvoi, considérant que les moyens soulevés par la société n'étaient pas de nature à permettre son admission.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : La société Henkel soutenait que la cour d'appel avait insuffisamment motivé sa décision en ne prenant pas en compte la combinaison des dispositions de la directive 2011/96/UE et des articles 20 et 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas fondé.
2. Méconnaissance des dispositions légales : Henkel a également argué que la cour avait méconnu les dispositions combinées de la directive et de la charte en jugeant que les États membres pouvaient fixer un montant de charges non déductibles. Le Conseil d'État a considéré que ce moyen n'était pas pertinent pour l'admission du pourvoi.
3. Erreur de droit : Enfin, la société a prétendu que la cour avait commis une erreur de droit en écartant son moyen relatif à la méconnaissance des principes d'égalité et de non-discrimination. Le Conseil d'État a estimé que ce moyen ne pouvait pas être retenu.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité du pourvoi de la société Henkel.
2. Directive 2011/96/UE : La société a invoqué cette directive, qui traite de la fiscalité des sociétés mères et filiales au sein de l'Union européenne. Le Conseil d'État a noté que la cour d'appel avait examiné la conformité de la loi française avec cette directive, mais a jugé que les arguments de la société ne démontraient pas une violation des dispositions légales.
3. Articles 20 et 21 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : Ces articles garantissent le droit à l'égalité et à la non-discrimination. Le Conseil d'État a considéré que les arguments de la société concernant la discrimination alléguée ne mettaient pas en œuvre le droit de l'Union européenne et ne concernaient pas des sociétés placées dans la même situation.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de la société Henkel Holding France, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à justifier son admission, conformément aux exigences de l'article L. 822-1 du code de justice administrative.