Résumé de la décision
Mmes B et Adeline A ont saisi le juge des référés du tribunal administratif de Toulon pour demander la suspension de l'exécution d'un arrêté préfectoral du 10 octobre 2022, déclarant leur parcelle cessible à la métropole Toulon-Provence-Méditerranée. Le juge des référés a rejeté leur demande par une ordonnance du 19 avril 2023. Mmes A ont ensuite formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, demandant l'annulation de cette ordonnance, la suspension de l'arrêté, et le remboursement de frais. Le Conseil d'État a décidé de ne pas admettre le pourvoi, considérant que les moyens avancés par Mmes A n'étaient pas suffisants pour justifier une admission.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit sur la condition d'urgence : Mmes A soutiennent que le juge des référés a commis une erreur en écartant la condition d'urgence sans instruction ni procédure contradictoire. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
2. Dénaturation des pièces du dossier : Mmes A affirment que l'ordonnance a dénaturé les éléments du dossier en considérant que l'intérêt public de protection des populations et des biens faisait obstacle à la suspension de l'arrêté. Le Conseil d'État a également rejeté ce moyen, le considérant non sérieux.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Il précise que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou non fondé sur un moyen sérieux. Cela souligne l'importance d'une évaluation rigoureuse des moyens avancés par les requérants.
2. Article L. 521-1 du code de justice administrative : Cet article permet de demander la suspension de l'exécution d'une décision administrative. Cependant, pour qu'une telle demande soit acceptée, il est nécessaire de démontrer l'urgence et l'illégalité de la décision contestée. Le Conseil d'État a considéré que Mmes A n'avaient pas réussi à établir ces éléments.
3. Article L. 522-3 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de rejeter une demande de suspension si les conditions d'urgence et d'illégalité ne sont pas remplies. Le Conseil d'État a confirmé que le juge des référés avait correctement appliqué cette disposition en rejetant la demande de Mmes A.
En conclusion, le Conseil d'État a jugé que les arguments de Mmes A ne justifiaient pas l'admission de leur pourvoi, confirmant ainsi la décision du juge des référés.