Résumé de la décision
La décision concerne la suspension d'exécution du décret n° 2016-1537 du 16 novembre 2016 relatif aux recherches impliquant la personne humaine, notamment dans le domaine des cosmétiques. La Fédération des entreprises de la beauté a exprimé qu'elle ne s'opposait pas à la fin de cette suspension. Le juge des référés, après avoir convoqué les parties et entendu leurs arguments, a constaté que les nouvelles dispositions introduites par le décret n° 2017-884 du 9 mai 2017 et l'arrêté du 3 mai 2017 avaient modifié le champ d'application du décret initial en excluant la plupart des recherches sur les produits cosmétiques de la consultation des comités de protection des personnes. En conséquence, la suspension a été annulée.
Arguments pertinents
1. Absence de doute sérieux quant à la légalité : Le juge a établi qu'avec les nouvelles dispositions, le motif ayant conduit à suspendre le décret initial — à savoir le doute sérieux quant à sa légalité — avait disparu : "en raison de la modification ainsi apportée au champ d'application de cette procédure, le motif qui avait conduit à constater tant l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité du décret attaqué que l'existence d'une situation d'urgence a disparu".
2. Urgence disparue : La situation d'urgence qui avait justifié la suspension de l'exécution du décret n'existe plus, puisque la majorité des recherches portant sur des produits cosmétiques ne sont plus soumises à l'avis des comités de protection des personnes, ce qui réduit le risque de décisions implicites de rejet.
3. Accord des parties : Les deux parties ont convenu que les nouvelles réglementations soustraient la plupart des recherches sur les cosmétiques de l'examen des comités, ce qui a renforcé la décision de mettre fin à la suspension.
Interprétations et citations légales
- Code de justice administrative - Article L. 521-1 : Cet article permet au juge des référés de suspendre l'exécution d'une décision administrative lorsqu'un doute sérieux quant à sa légalité se manifeste. Dans le cas présent, ce doute a été levé : "le juge des référés a estimé, en conséquence, que le moyen tiré de ce que le décret est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation en tant qu'il s'applique aux recherches sur les produits cosmétiques paraissait, en l'état de l'instruction, de nature à créer un doute sérieux quant à sa légalité".
- Code de justice administrative - Article L. 521-4 : Ce texte prévoit la possibilité pour le juge des référés de modifier ou de mettre fin à des mesures ordonnées antérieurement en fonction d'éléments nouveaux. C'est précisément sur cette base que la suspension a été levée : "Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin".
- Code de la santé publique - Article L. 1121-16-2 : Cet article, associé aux nouveaux éléments réglementaires, a aidé à délimiter le champ d’application des recherches cosmétiques, indiquant clairement celles non soumises à l'avis des comités de protection des personnes : "qui visent à évaluer la capacité de produits cosmétiques à nettoyer, parfumer, modifier l'aspect, protéger, maintenir en bon état le corps humain".
Cette analyse met en lumière que les modifications réglementaires ont non seulement clarifié les responsabilités légales, mais ont également rétabli un équilibre dans les exigences de sécurité et d'évaluation des recherches impliquant la personne humaine dans le secteur cosmétique.