Résumé de la décision
Mme B A a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Marseille pour suspendre une décision de mise hors convention prise par la directrice de la caisse primaire d'assurance maladie des Alpes-de-Haute-Provence. Le juge a rejeté sa demande par une ordonnance du 20 mars 2023. Mme A a ensuite formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a décidé, par ordonnance du 13 juillet 2023, de ne pas admettre ce pourvoi, considérant que les moyens avancés par Mme A n'étaient pas de nature à permettre son admission.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : Mme A a soutenu que le juge des référés avait dénaturé les faits en concluant que la condition d'urgence n'était pas remplie. Elle a affirmé qu'il ne résultait pas de l'instruction qu'elle serait débitrice de sommes qu'elle ne pourrait rembourser qu'en exerçant sa profession à titre libéral. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas fondé.
2. Justification du préjudice : Mme A a également contesté le fait que le juge ait estimé qu'elle ne justifiait ni ne chiffrerait le préjudice lié à son incapacité à céder sa patientèle avant le 1er mai 2023. Le Conseil d'État a considéré que ce moyen ne permettait pas d'admettre le pourvoi.
3. Motivation de l'ordonnance : Mme A a critiqué l'insuffisance de la motivation de l'ordonnance et a soutenu que le juge avait commis une erreur de droit en jugeant que l'importance des anomalies de facturation la disqualifiait pour un exercice libéral. Le Conseil d'État a conclu que ces arguments n'étaient pas de nature à justifier l'admission du pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour examiner la recevabilité du pourvoi de Mme A.
2. Article R. 822-5 du code de justice administrative : Selon cet article, le président de la chambre peut décider par ordonnance de ne pas admettre les pourvois manifestement dépourvus de fondement. Le Conseil d'État a utilisé cette disposition pour rejeter le pourvoi de Mme A, considérant que les moyens avancés n'étaient pas sérieux.
3. Critères d'urgence : Le Conseil d'État a rappelé que la condition d'urgence doit être démontrée par le requérant. Dans ce cas, il a été jugé que Mme A n'avait pas réussi à établir que sa situation justifiait une intervention rapide du juge des référés, ce qui est essentiel pour l'admission d'un pourvoi en référé.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de Mme A, considérant que les arguments présentés n'étaient pas suffisants pour remettre en cause l'ordonnance du juge des référés.