Résumé de la décision
Mme B A a déposé une requête auprès du Conseil d'État le 10 janvier 2024, visant à porter plainte contre l'État français pour un fonctionnement défectueux des services de la justice, en lien avec des réclamations contre des commissaires de justice suite à un jugement favorable rendu par le tribunal judiciaire de Nîmes. Le Conseil d'État a rejeté cette requête, considérant qu'elle ne relevait pas de sa compétence, car elle concernait le fonctionnement du service public de la justice judiciaire.
Arguments pertinents
1. Incompétence de la juridiction administrative : Le Conseil d'État a souligné que la requête de Mme A, qui vise à obtenir la condamnation de l'État pour un prétendu dysfonctionnement des services judiciaires, ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. En effet, le litige concerne le fonctionnement du service public de la justice judiciaire, qui est de la compétence des juridictions judiciaires.
2. Application des articles du code de justice administrative : En se fondant sur l'article R. 351-5-1 du code de justice administrative, le Conseil d'État a affirmé qu'il est compétent pour se prononcer sur des conclusions ne relevant pas de la juridiction administrative, mais a également précisé que la requête de Mme A ne relevait manifestement pas de cette compétence. L'article R. 122-12 a été appliqué pour justifier le rejet de la requête, en indiquant que le président de la section du contentieux peut rejeter les requêtes manifestement incompétentes.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 351-5-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que le Conseil d'État peut se prononcer sur des conclusions relatives à des litiges qui ne relèvent pas de sa compétence, mais cela ne signifie pas qu'il peut traiter des affaires qui relèvent clairement d'une autre juridiction. La décision a mis en avant que "la requête de Mme A ne relève manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative".
2. Article R. 122-12 du code de justice administrative : Cet article permet au président de la section du contentieux de rejeter des requêtes qui ne relèvent pas de la compétence de la juridiction administrative. La décision a précisé que "la requête de Mme A doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître", ce qui souligne l'importance de la répartition des compétences entre les juridictions administratives et judiciaires.
En conclusion, la décision du Conseil d'État repose sur une interprétation stricte des compétences juridictionnelles, affirmant que les questions relatives au fonctionnement des services de la justice judiciaire doivent être traitées par les juridictions judiciaires, et non par la juridiction administrative.