Résumé de la décision
La société Clinique vétérinaire Jean Jaurès a introduit une requête devant le Conseil d'État pour contester deux décisions du Conseil national de l'ordre des vétérinaires : l'interdiction de présenter des observations orales (décision du 11 octobre 2022) et la radiation du tableau de l'ordre (décision du 26 octobre 2022). En outre, la société a demandé, à titre subsidiaire, de poser des questions préjudicielles à la Cour de justice de l'Union européenne concernant l'interprétation de certaines dispositions de la directive n° 2006/123 relative aux services dans le marché intérieur. Cependant, par un mémoire enregistré le 20 juillet 2024, la société a décidé de se désister de sa requête. Le Conseil d'État a donné acte de ce désistement et a rejeté les demandes de frais présentées par le Conseil national de l'ordre des vétérinaires.
Arguments pertinents
1. Droit au désistement : Le Conseil d'État a constaté que le désistement de la société Clinique vétérinaire Jean Jaurès était "pur et simple", ce qui signifie qu'il n'y avait aucune condition ou réserve attachée à ce désistement. Cela est conforme à l'article R. 122-12 du code de justice administrative, qui permet au président de la section du contentieux de donner acte des désistements.
2. Frais de justice : Le Conseil d'État a décidé qu'il n'y avait pas lieu de mettre à la charge de la société Clinique vétérinaire Jean Jaurès la somme demandée par le Conseil national de l'ordre des vétérinaires au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Cela indique que le désistement n'entraîne pas nécessairement des frais pour la partie qui se désiste, surtout dans le contexte où aucune faute ou abus de procédure n'a été constaté.
Interprétations et citations légales
1. Droit au désistement : L'article R. 122-12 du code de justice administrative stipule que "Le président de la section du contentieux, les présidents adjoints de cette section, les présidents de chambre et les conseillers d'État mentionnés au quatrième alinéa de l'article R. 122-7 peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements". Cette disposition confère une certaine flexibilité aux parties pour mettre fin à une procédure sans qu'il soit nécessaire de justifier leur décision.
2. Frais de justice : L'article L. 761-1 du code de justice administrative précise que "Dans les litiges devant les juridictions administratives, la partie qui perd peut être condamnée à payer à l'autre partie une somme au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens". Dans ce cas, le Conseil d'État a jugé qu'il n'y avait pas lieu d'appliquer cette disposition en raison du désistement de la société, ce qui montre que le désistement peut avoir des conséquences sur la répartition des frais de justice.
En conclusion, cette décision illustre le droit au désistement dans le cadre des procédures administratives et la manière dont les frais de justice peuvent être affectés par une telle décision.