Résumé de la décision :
M. B..., de nationalité algérienne, a contesté devant la cour le jugement du tribunal administratif de Toulouse qui avait rejeté sa demande d'annulation de l'arrêté préfectoral du 10 juillet 2015, refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement des stipulations de l'accord franco-algérien. La cour a constaté que M. B... justifiait d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans, conformément à l'article 6 de l'accord franco-algérien. En conséquence, elle a annulé le jugement du tribunal administratif, l'arrêté préfectoral, et a enjoint au préfet de lui délivrer un certificat de résidence d'un an. De plus, l'État a été condamné à verser 1 500 euros à son avocat.
Arguments pertinents :
1. Ancienneté de la résidence en France : M. B... a réussi à démontrer qu'il résidait habituellement en France depuis plus de dix ans, ayant produit des preuves telles que des attestations EDF et des documents médicaux. La cour a relevé : "le requérant justifie, à la date du refus de séjour opposé le 10 juillet 2015 [...] d'une résidence habituelle en France depuis plus de dix ans qui lui ouvrait droit au bénéfice des stipulations précitées de l'accord franco-algérien."
2. Application de l'accord franco-algérien : La cour a considéré que le refus du préfet contrevenait aux dispositions de l'article 6 de l'accord franco-algérien, qui stipule que : "le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit au ressortissant algérien qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans."
Interprétations et citations légales :
1. Accord franco-algérien - Article 6 : La chambre a fait référence à l'article 6 de l'accord du 27 décembre 1968, et a interprété que le critère du "justifier par tout moyen" a été largement respecté par M. B..., lui conférant ainsi un droit explicite à l’obtention du certificat de résidence.
Citation : "En vertu du 1°) de l'article 6 de l'accord susmentionné, le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit au ressortissant algérien qui justifie par tout moyen résider en France habituellement depuis plus de dix ans."
2. Code de justice administrative - Article L. 761-1 : La cour a également estimé que, en l'absence de dépens exposés lors de la procédure, l'État devait verser une somme à l'avocat de M. B... en vertu des règles de l'aide juridictionnelle et précisément de l'article L. 761-1, qui traite des frais engagés.
Citation : "M. B... a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative."
Ainsi, la décision souligne l'importance du respect des engagements internationaux en matière de droits des étrangers et confirme l'interprétation favorable donnée aux éléments de preuve par le requérant pour établir sa résidence en France.