Résumé de la décision
M. A B a contesté l'ordonnance du 7 juin 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Lille, qui avait rejeté sa demande de suspension de l'arrêté du 21 avril 2023, prononçant la suspension de son permis de conduire pour six mois. Par une requête enregistrée le 8 juin 2023, M. B a demandé à la cour d'annuler cette ordonnance ainsi que l'arrêté préfectoral. La cour a décidé de transmettre le dossier au Conseil d'État, considérant que la décision du juge des référés était rendue en dernier ressort, conformément aux dispositions du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Compétence du Conseil d'État : La cour a souligné que l'ordonnance contestée était rendue en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, qui stipule que les décisions prises dans ce cadre sont en dernier ressort. Cela signifie que la cour n'avait pas compétence pour statuer sur la requête de M. B et devait donc transmettre le dossier au Conseil d'État.
2. Transmission du dossier : En vertu de l'article R. 351-1 du code de justice administrative, lorsque la cour estime qu'une affaire relève de la compétence du Conseil d'État, elle doit transmettre le dossier sans délai. La cour a donc agi conformément à cette obligation légale.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 523-1 du code de justice administrative : Cet article précise que "Les décisions rendues en application des articles L. 521-1, L. 521-2, L. 521-4 et L. 522-3 sont rendues en dernier ressort". Cela signifie que les décisions prises par le juge des référés dans le cadre de la suspension de l'exécution d'un acte administratif ne peuvent pas être contestées devant une cour administrative d'appel, mais doivent être portées directement devant le Conseil d'État.
2. Article R. 351-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Lorsqu'une cour administrative d'appel ou un tribunal administratif est saisi de conclusions qu'il estime relever de la compétence du Conseil d'Etat, son président transmet sans délai le dossier au Conseil d'Etat qui poursuit l'instruction de l'affaire". Cela renforce l'idée que la cour n'avait pas d'autre choix que de transmettre le dossier au Conseil d'État, confirmant ainsi la hiérarchie des juridictions administratives.
En conclusion, la décision de la cour de transmettre le dossier au Conseil d'État est fondée sur une interprétation claire des dispositions du code de justice administrative, qui établissent la compétence exclusive du Conseil d'État pour connaître des recours contre les décisions rendues en matière de référés administratifs.