Résumé de la décision
Dans l'affaire enregistrée sous le n°16MA01250, M. B... a demandé à la Cour d'annuler un jugement du tribunal administratif de Montpellier rendu le 29 janvier 2016. Dans un mémoire distinct, il a également demandé la transmission d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil d'État, contestant la conformité de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques aux droits garantis par la Constitution, notamment en lien avec l'article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC). La Cour a décidé qu'il n'était pas nécessaire de transmettre cette question au Conseil d'État, estimant que le moyen soulevé n'avait pas de caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Inapplication du caractère sérieux de la QPC : M. B... a soutenu que l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques méprisait l'article 4 de la DDHC, en omettant de définir les "limites" du "droit d'usage qui appartient à tous". La Cour a cependant conclu que :
> "le régime de la propriété publique n'est pas au nombre des matières pour lesquelles, en application de l'article 34 de la Constitution, la loi fixe les règles mais de celles dont elle détermine les principes fondamentaux."
2. Compétence du législateur : La Cour a estimé que le législateur, en ne précisant pas ces limites, n'a pas outrepassé ses compétences. Par conséquent, elle a jugé que la question soulevée n'avait pas de caractère sérieux :
> "Ainsi, en n'édictant pas les règles de détermination des limites du droit d'usage des dépendances du domaine public, lesquelles sont appréciées sous le contrôle du juge, le législateur n'a manifestement pas méconnu l'étendue de sa propre compétence."
Interprétations et citations légales
- Code général de la propriété des personnes publiques - Article L. 2122-1 : Cet article stipule que "Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique..." Cela met en avant le principe de protection des biens publics et l'exigence d'un titre pour leur occupation.
- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen - Article 4 : Se lit comme suit : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui...". M. B... a invoqué cet article pour mettre en avant l'absence de définition des bornes de l'usage.
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Interprétations :
- La Cour a clarifié que la matière de la propriété publique relève des principes fondamentaux régis par la loi, et non des règles détaillées, ce qui donne au législateur une certaine liberté dans la définition des usages. Cela signifie que le législateur peut instaurer des principes généraux sans entrer dans des spécificités tant que les droits sont protégés, ce qui est le rôle du juge.
Cette décision illustre donc la distinction entre les matières régies par la loi et celles où le législateur a la latitude de fixer des principes, sans que cela constitue une violation des droits garantis par la Constitution.